Le « off » de la route de l’huitre

Ce dimanche, c’est petit coef., vent soutenu à fort sous un ciel sec sinon ensoleillé, « la Route de l’huître », dernière régate de la Premium Class à Arcachon, et le dernier WE avant la fatidique date de retrait des bateaux au mouillage sous peine de trucs terribles.

Quelques e-coups de sonde un peu tardifs ne m’avaient pas permis de réunir un équipage confirmé pour la régate. De toutes façons, pour être présent au briefing, et inscrit au CVA avant 10:30, il aurait fallu partir bien trop tôt. Ce ne sera donc pas régate. Mais sur l’eau ? Oh, que oui.

L’équipière : Manou.
Et à bord, un bon panier pique-nique de produits du terroir.

Le vent est au RV, S-SW 15 nds, plus de 20 dans les risées ; le gréement réduit, GV à 1 ris et petit foc à l’avant. Pas de programme préconçu. La route vers Arcachon nous amène vers Thiers peu avant le départ de la régate. Allez, on va les suivre.

Oh ! Ils ont démonté la vieille jetée de la Chapelle et la croix des marins...

Oh ! Ils ont démonté la vieille jetée de la Chapelle et la croix des marins…

Bien sûr, en remontant Mapoutchet, au portant avec tout dessus, la flotte s’échappe et nous sème un peu. Sauf peut-être le Sun 2000 de JL (hors course aussi) et un Jouët 680 qui peine à établir son portant. Ainsi jusqu’à la pointe du Congre. Lof le long du chenal de l’île. Pas de changement au « classement » en ce qui nous concerne. Par contre dans le chenal de Piquey, bout au vent, je passe JL2MC (le Sun 2000), et les 680 devant sont un peu sur toilés. Nous rattrapons et dépassons le 680 Le Gaillard, à 1 ou 2 bords près nous étions sur les suivants. Mais là le vent adonne et le chenal s’incurve. Les concurrents s’échappent. Sur le segment Bancot – CVA, nous suivons la flotte sous spi le long d’Arcachon. Ça fait plaisir, le bassin avec (presque) uniquement des voiliers.

Passé (à côté de) la ligne, au niveau du port d’Arcachon, nous croisons l’équipage familial d’un Dufour T7, en train de renoncer à sa marée à cause des horaires… de marées, justement. Puis tout en razziant le panier pique nique, nous entamons notre 2de remontée le long de l’île, par Cousse cette fois. La marée n’est pas encore basse. Re-chenal de l’île. Mais à Graouères, cette fois nous abattons vers le nord-est du bassin. Le chenal d’Arès, arrondir Graouey, embouquer le chenal de Lège. Prendre un mouillage vacant au niveau de l’estey de Madone, à Claouey.

Le projet, c’est d’attendre que la marée ait assez remonté pour avancer le bateau à la plage de Bertic, le temps de quelques jours/semaines avant de le faire mettre au sec. Les lecteurs fidèles des Chroniques reconnaitrons un programme bien habituel en fin de saison, quand il faut libérer le corps mort (sauf à subir les Foudres de l’Administration Municipale des Mouillages, elle-même soumise au cahier des charges de l’Administration d’État etc. Nous en parlions déjà il y a quelques années ; l’épisode TAO chassé du Mimbeau, et rien n’a changé là dessus).

Bref, le temps que la marée termine de baisser, puis le flot recommence, avec ce petit coefficient… Grosse session de lecture à bord, tandis que le soleil se dissimule sous une barre nuageuse, à l’ouest, et que la température diminue. Le vent est complètement tombé. Nous avons bien fait d’en profiter pour arriver, même en avance.

L’eau a recommencé à monter. Nous avançons l’Iboga en face de Bertic.
Avant l’ombre, Manou est descendue à terre (via un grand champ de vase heureusement pas trop molle) se faire conduire au Ferret récupérer sa voiture (merci Thierry !)

Commence une looongue période d’attente, jusqu’à ce que l’eau soit montée assez pour 1° passer le seuil qui sépare l’estey de l’escoure et 2° fournir les 30 cm nécessaires à la flottaison de l’Iboga. Pendant ce temps, Manou attend dans la voiture…
Le vent est passé secteur Est assez fort. La nuit, nuages, lune inexistante, totalement noire. Mon livre fini (!) Trois ou 4 tentatives avant de pouvoir vraiment déplacer le bateau au moteur. Assez ? Non. Tout plier, préparer le bateau. Sauter les pieds dans la vase et tirer. Attendre, tirer. Assez près ? Sachant qu’un coup de vent S-SW est attendu dans la nuit et le lendemain, j’aurais préféré être plus près de la plage. Mais il y a déjà des bateaux là — un grand Feeling, 2 Jouët 680, une vedette, un petit bateau de pèche… — que je ne distingue pas, dans cette nuit totale. Et puis la marée monte si lentement.
Allez, ça va aller comme ça.

Dérouler une bonne longueur de mouillage, bien le protéger au niveau du chaumard, aller planter l’ancre et rejoindre Manou à terre. Enfin ! Il est 22:30. Nous étions arrivés à Claouey à 16:45.

Maintenant il faut planifier le démâtage et la mise au sec.
On verra ça en novembre…