Considérations, précautions et dispositions

Enfin, j’ai pu me rendre sur le site d’échouement de l’Iboga ce vendredi1. Près d’une semaine après l’arrivée de mon bateau sur la plage de Saint-Brice (Lire cet article pour ceux qui auraient raté le 1er épisode).

Rencontre avec Stéphane, le dynamique directeur du port d’Andernos, qui avait dépêché dans la semaine son beau Frère Pascal, du chantier nautique Bleu Marine (zone artisanale d’Andernos). Récupération du gouvernail et du HB de l’Iboga qui avaient été mis à l’abris dès mercredi. Ils sont chargés dans la benne du 4×4 de Roger (le découvreur de l’Iboga, comme raconté dans ce précédent article). En fait, mercredi, malgré la force motrice de son Unimog, Pascal n’a pas réussi mieux que de déplacer le bateau d’une 10zaine de mètres sans pouvoir aller plus près de l’eau. En effet le sable est trop mou à cet endroit.

Iboga échouée à Saint-Brice
Iboga échouée à Saint-Brice après tentative de déplacement par Pascal

Rendu sur site — effectivement il est bien monté sur la plage — je me rends compte de la situation. Le vent souffle en tempête ; c’est saoulant et en même temps ça donne envie d’être sur l’eau, 2 ris et foc n°1, à la barre…

Avec l’aide de Roger, nous effectuons une tentative de traction de l’Iboga sur 2 ancres, en accouplant les 2 winches. Peine perdue. Justegagné un mal au dos. En additionnant la traction du 4×4, pas mieux (la voiture s’enfonce sur place).

Comment faire ?
J’envisage plusieurs possibilités, parmi lesquelles le creusement d’une tranchée pour amener de l’eau à la prochaine grande marée…

Bon, et bien en attendant le bateau devra rester là quelques jours encore. Il convient donc de parer à l’essentiel, c’est à dire mettre à l’abris tout ce qui pourrait tenter un voleur. D’ailleurs, je déplore déjà le vol de la nourrice d’essence Yahama, ainsi que de mon aussière de 30 m, ma boîte à accastillage inox de rechange (sous réserve d’inventaire…)

Chargement du mât sur le 4×4 (voir quelques photos). Embarquement des menus accessoires que j’estime de valeur. Il ne reste plus grand chose d’intéressant dans le bateau. Je ne me fais aucume illusion : il existe sur cette côte une espèce de types qui j’en suis sûr, comme en d’autres endroits de l’ancien pays de Buch, trouveraient à prétendre que le pillage d’épaves est un droit immémorial, moral et perpétuel parce qu’ainsi procédaient leurs parents et les parents de leurs parents… heureusement, la solidarité et l’amitié dont je bénéficie dans ces circonstances rachètent, et au delà, la sale mentalité de cette racaille.

Mais il est 13:00 et à terre, Annie a préparé un déjeuner bienvenu. Bien à l’abris, nous voyons s’abattre les gros grains entre les rafales impressionantes. Nous avons eu de la chance de n’avoir que le vent ce matin.

L’après midi (ou ce qu’il en reste), c’est pour aporter le mât, moteur et gouvernail à Lège, là où normalement l’Iboga aurait déjà dû être calé au sec.

La nuit ne va pas tarder à tomber. Avant de partir, un point méthodologique avec l’ami Patrick (Comptoir de la photo) qui profite du passage à sa boutique d’experts tels Didier le parqueur et Laetitia la loueuse de pelleteuses… Je m’oriente vers l’emploi d’un engin tout terrain de manutention.

Route vers la zone, avant la fermeture d’Aquiloc. Étude de la solution avec le gérant, qui m’assure avoir remis plusieurs bateaux à l’eau avec ses Maniscopic. Sur ses conseils, je réserve pour le WE prochain un Maniscopic 7 mètres de flèche, capable de lever 3 tonnes.

maniscopic
Maniscopic 7 m, 3 t

Un Jouët 680, c’est à peu près 1,5 tonnes. Pour le poids il ne devrait pas y avoir de problèmes.

Alors voilà le programme : si vous voulez rigoler un moment, venez me voir apprendre à manoeuvrer cet engin sur la plage samedi 13 décembre dans la journée. Je sais déjà qu’un vidéaste amateur a décidé d’immortaliser la manoeuvre (pour ceux qui ne pourront pas venir).

Dès que je serai raisonablement sûr de mes manoeuvres, mon idée, c’est de glisser les lames sous le bateau, de sangler le côté tribord au tablier, de lever le tout de 50 cm, de reculer vers le bassin, faire demi tour, déposer le bateau, aller ranger l’engin, attendre que la marée monte pour aller mettre l’Iboga à l’abis dans le port ostréicole. Car samedi, marée de 95, PM Eyrac 17:45. Autant dire qu’il fera nuit à la pleine mer. Pas question de traverser jusqu’à Claouey de nuit. Assez déconné comme ça.

Les seuls trucs que je crains, dans l’ordre :
– fausse manipe qui esquinte le bateau
– que le maniscopic se plante (7,25 tonnes à vide, la bête !)
– être emmerdé par les promeneurs / écologistes / autorités

Tous les spectateurs sont les bienvenus. Je n’exclus pas de mettre en place une buvette des supporters de l’Iboga.

Note du samedi 6 décembre : j’ai été appelé par Marc, du 68 Askell, avec une éventualité de profiter d’un engin présent à Arès pour le renflouement d’un Jouët 9m. Finalement ça semblait un peu compliqué car il y a une craste qui sépare Arès d’Andernos… mais un grand merci à lui pour l’idée.


  1. Pendant ce temps, d’autres arpentaient la moquette toute neuve en avant première du salon nautique