40h à bord, la Leyre, Gahignon, Afrique et… #NNDD !

Au mouillage à Afrique

Au mouillage à Afrique

22:00 vendredi soir, à la nuit, décharger le T4 et tout porter au bateau échoué : couchages, paniers de victuailles, vêtements de mer, trousse à outils, kitesurf… Retourner à terre se faire une pizza chez Joël. Retourner au bateau, s’installer pour la nuit. Attendre que la marée finisse son œuvre archimèdienne pour mener le bateau dans la nuit noire jusqu’à une bouée dans le chenal et ainsi être parés pour décarrer à la première heure. Passer la nuit là, assez confortablement sauf vers la fin, vers les 5 ou 6h du mat, quand les premiers pécheurs rejoignent leurs site, produisant les premières vagues artificielles de la journée… Mais dans l’ensemble une bonne nuit et au matin, le WE peut commencer. Petit déj dans le cockpit. Ah, oui, nous : Manou, son cadet Henri et zebigbos du bord.

Le Plan

La marée avait été à peu près planifiée avec la bande des camarades de jeu : « Bon alors nous sur l’Iboga, on est bien partants pour faire la PM de samedi aux puces du Teich, comme suggère JL2MC. Bon, on avisera. Sinon après ? C’est open pour choisir le mouillage de nuit et s’y rendre. Le programme du dimanche aussi. Juste on aura besoin d’être de retour au Ferret le dimanche au plus tard à 18:00 (sachant qu’elle baissera depuis 15:20, donc dépendant d’où on arrive, ce sera plus ou moins facile mais il y aurait du vent NE soutenu, ce qui simplifie les trajectoires… Remarquez, vu les 16 nds annoncés pour dimanche aprème, je vais peut-être prendre le kite à bord aussi. J’ai toujours le BIB de rhum à bord. Et 1 citron vert, on ne sait jamais… »
C’est dans l’ensemble ce qui est arrivé. Sauf le vent.

Donc, comme on peut voir sur la trace…

…dès que le petit déj est expédié, nous parcourons la plus grande longueur du bassin — presque 11 miles nautiques — pour nous rendre au port du Teich ou Jean-Louis nous avait indiqué des puces marines. Sur le plan nautique, c’est du vent de travers courant porteur, assez soutenu jusqu’à Arcachon, puis mollissant entre Arcachon et Gujan. Comme ça jusqu’à l’entrée de la rivière. Ça fait un bail que je n’ai pas fait cette route. Elle est plutôt bien balisée en fait. C’est la mi-marée. Le coefficient très faible de 32 promet une hauteur d’eau minimum. Sera-t-elle suffisante ? Dans la rivière, en effet, les bancs de sable sont très présents. Il feront rebrousser chemin au dayboat motorisé de 2 x 120 CV qui nous aura cassé les oreilles pendant toute la route… Mais l’Iboga passe en veillant à suivre l’extérieur des méandres. Tout à la voile, jusqu’à l’entrée dans le port. La place libre qui nous tend les bras au ponton C. Ya pas à dire, arriver dans un port c’est l’une des choses que je préfère dans la voile. Bon, en fait, on est séquestré sur le ponton C : grille verrouillée. Par chance notre voisin de ponton nous confie sa clé et nous pouvons ainsi aller chiner aux puces nautiques.

Escale au Teich

Oui, enfin… sauf que le terre plein du port, à part les pique-niqueurs bien installés avec leur nape et leur seau à glace pour le rosé, et les camping cars (nombreux), il n’y a personne d’autre ; bien une tente, mais vide. Et une affichette décolorée : puces nautiques dimanche 1er septembre. Demain quoi. Quelle déception : moi qui rêvait d’équiper l’Iboga de quelques fleurons de technologie d’occasion comme par ex. une ou 2 manivelles de winch… Une autre fois. D’ici là, il est temps de manger : 13:00.

Pendant ce temps, arrive par la route l’ami L2B, alias « Lolo, de Bonaire« . Pas de puces. Pas de puces ? Alors un ti punch dans l’Iboga. Puis à la voile, avec le flot, arrivent Jean-Louis sur son Mouille Col guidé par Thomas et Flo sur leur Pilpouz. C’est raisonnable : Pilpouz, c’est son port, le Teich, et il cale 20 ou 30 cm de plus que le sun 2000. Tandis que sur le quai mitraillent Manu et Marie. RV sur le ponton. Pas de puces ? Sans déconner Jean-Louis…
L’Iboga profite du port pour refaire ses niveaux d’eau douce.
C’est la PM. Pilpouz et Iboga repartent. Mouille-col traine un peu au bar. Au moteur cette fois, le vent a fraichi et se présente de face.

Zigzags

La sortie de la rivière. GV réduite d’un ris. Moteur toujours en marche. Arrivent Jo et Lisa, sur le Jouët 680 la Bulle. Et nous voilà 3 bateaux tirant des bords sous voiles — nombreux les bords, hein, Henri — pour remonter le chenal de Comprian, aidés par le courant descendant.
Teychan ; revoici le clapot du vent contre courant certes, mais aussi du trafic motorisé. Mapoutchet. Point téléphonique avec Bonaire, Mouille-col et Estouki : RV vers Saous.

L’entrée sous voile dans l’estey de Gahignon, celui qui mène aux cabanes tchanquées. Le vent reste soutenu. Je vous laisse imaginer combien de bateaux en sortent à cette heure ci (18:00 faut pas rater la soupe). Bien aligné face au vent l’estey : il faut tirer quelques bords rapides entre bateaux et pignots (toujours la trace, on voit bien en zoomant). D’ailleurs il y en a un de pignots, qui m’a échappé : le voici bien bandé contre un chandelier à tribord. Le temps de le repousser tandis que je fais virer le bateau, tchang ! il s’est relâché, sur mon avant bras. Ouille… l’hématome, la bosse sur l’os, l’éraflure, la douleur vive jusqu’au lendemain… Mais pas trop de mal au bateau.

Et voici Mathieu sur Estouki qui nous attendait à Saous. Coordination : on avance encore un peu jusqu’à l’estey d’Afrique. Pas trop haut pour pouvoir faire manœuvre demain matin.
Ballet nautique, parade de mises à couple, plus ou moins élégante selon les styles de chacun. Mais un moment, la grappe de 6 bateaux est en place et les choses sérieuses peuvent commencer.

Six à Afrique

Pas la peine d’insister sur le paysage, la lumière rasante, la marée qui laisse découvrir les herbes, la surface dorée de l’eau autour des bateaux, le soleil de plus en plus bas… Ça faisait un moment que les #NNDD ne s’étaient pas réunis pour une nuit sur l’eau. Photos. Plaisir. Convivialité. Partage. Concours de paniers. Défis. Histoires… Le clou de la soirée avec cette séance de lightpainting très réussie.
Et puis, avec la marée remontante et l’humidité bien tombée, les bateaux se séparent. Chacun va mouiller à son idée. Extinction des feux.

Dimanche matin. Le jour est bien levé. Il ne reste plus que Mouille-col et Bonaire. Certains sont rentrés à Arcachon, les autres mouillés dans le chenal plus loin. Ceux qui restent sont échoués pour un moment. Le vent, soutenu toute la nuit jusqu’au petit matin, s’est complètement essoufflé. Ce n’est pas ce matin que nous kiterons à l’île. Le temps de déjeuner en paix, de trainer, de bouquiner. De pêcher aussi pour Henri. De nager et même de grater la ligne de flottaison de l’Iboga. Mais là la marée est bien remontée.
Reviens Pilpouz qui emporte Bonaire et Mouille-col vers l’estey de Pelourdey. Quant à l’Iboga, nous le dirigeons au moteur vers le Courbey, face au courant le long des pignots du Grand-Banc, sous la conduite d’Henri. Vers la balise du Bancot, le vent revient au NW. Voiles pour traverser le chenal, puis le champ de mouillages, entrer dans l’escoure du Phare et attraper le corps mort (presque, mais bon). Ainsi se termine cette marée excellente de 40 heures, variées, originales, familiales et amicales. La chance de pouvoir faire ca !