Bertic, 4N, Toulinguet, Ferret

Lumière du matin sur ClaoueyC’était le 14 juillet, 8 h du mat. Les pieds dans la hagne, à rejoindre l’Iboga mouillé à Bertic (vous vous rappelez ?), tant qu’il y a de l’eau. J’avais pris de la marge en rejetant l’ancre vers l’estey à la BM de la veille, en arrivant à Claouey, mais je préfère dans ce sens. Assécher le pont recouvert de rosée. Pousser d’un coup de moteur vers l’estey de Madone. Mouiller devant la cale en attendant que mon équipage du jour se réveille et fasse le marché.

Et puis le thé dans le cokpit. Bouquiner au soleil. Veiller au niveau de l’eau sous la coque.

Et l’embarquement des équipiers à la cale : Liza, Laura, Rémi. Laura et Rémi ont fait leurs preuves sur Amnsthésie, le Sunshine 38 de leur père Pascal, en Méditerranée. J’avais même eu la chance de parcourir quelques miles avec eux entre Faro et Saïdia en 2009. Liza possède déjà un bon CV d’équipière sur Iboga et aussi sur Amnsthésie…

Laura à la barre pendant le bor de spi, Rémi aux réglages (Photo : Liza)

Laura à la barre pendant le bord de spi, Rémi aux réglages (Photo : Liza)

Nuages, petit vent NW pas chaud. Reste 1 h de courant descendant. Spi. Rémi au bras, fx à l’écoute + piano, Laura à la barre.

Juste éviter de s’échouer sur le Bancot (le petit écart devant La Vigne, sur la trace GPS)

Embouquer les passes. Le vent forcit agréablement. Longer le Toulinguet mais poursuivre la route vers la sortie. La renverse, le courant de face, le chenal s’incurve vers le vent ; affalage du spi et renvoi de Le Génois. Forcer encore jusqu’à la bouée rouge, 4N. Décrocher vers la verte 5N, près d’Arguin. Longer un peu Arguin. Le Sun 2000 échoué est encore là, presque ensablé. Épave.

Re-Toulinguet. Entrer dans ce qui est encore une conche. Un peu moins de 2m d’eau. Beacher là où il semble que l’inévitable ressac sera le moins sensible. Une ancre au large, une autre à la plage pour faciliter l’accès au bord.

Mais réellement, la première partie de séjour très énervante : un groupe avec 5 jetskis derrière nous, un autre avec 8 de ces engins de con, plus loin au vent, un autre avec 3 machines arrivent. Et que ca déconne, runs à fond aller-retour (expression pure de la vanité), et tourne, et vire, et repart… et faire des vagues en accélérant pour monter sur la plage. Et passe le guidon au connard suivant… Pouah ! Que faire ? Les raisonner ? Si ca se trouve, ils ne se rendent pas compte qu’ils font gravement chier tout le monde sauf leurs amis et eux même. Vous y croyez, vous ? Moi je suis sûr qu’ils le savent très bien et qu’ils se foutent des autres. Moi en tout cas, je ne me sens pas capable d’aller leur parler calmement. Si quelqu’un veut bien s’y coller… En tout cas, même s’il n’améliore pas la situation, le pavillon Mettez les voiles prend tout son sens. Mais quand donc cette activité nuisible sera-t-elle INTERDITE ?

Bon le casse croûte pantagruélique préparé par Liza, qui a un compas dans l’œil pour l’avitaillement ;-) avec charcuteries d’anthologie, salade de saison et fromages affinés pour lequel un Médoc 2008 est bien volontiers sacrifié.

Et la sieste, qui sur le banc, qui sur le bateau. Petite baignade. Farniente.

Comme ça jusqu’à 17:30.

Temps de prendre la route du retour.

Un fort ressac — j’aurais dû me rappeler que le Toulinguet à PM, c’est toujours chaud — oblige à être rapide et énergique pour monter à bord, puis pour quitter le mouillage sans être drossé à la plage.

La fin du trajet, facile et rapide, bon plein dans les vagues de la passe nord jusqu’à Lavergne, puis près jusqu’à l’escoure du phare. Piquer toujours sous voile vers la plage. Rater le corps mort 2 fois (dur de réguler la vitesse quand il faut et être arrêté et conserver de la manœuvrabilité en cas d’échec…) avant de l’accrocher pour de bon.

Rangeage et débarquage (en 3 fois : 1 pour les équipiers et tout le matériel, et 2 autres pour 2 paires de tongs restées à bord), reprise du mouillage et retour à la nage. Toujours pas d’annexe. À quoi bon ?

Voilà une bien belle journée de plus. Merci à mes équipiers.

À parcourir et zoomer : la trace du bateau de Bertic au Ferret en passant par la 4N dans les passes, et la pause au Toulinguet.

Ah — tribute to un vrai marin — pendant cette trépidante sortie à la voile, Bastien se rendait de Marseilles à Calvi sur son Fisrt 18 Filou. Respect, Bastien !