Coup de vent sur le Bassin

Ca c’est passé mardi matin ; le 3 octobre dernier.

Annoncé, bien tardivement, pour 50 noeuds, en fait il souflera jusqu’à 166 km/h (90 noeuds !) au Ferret et 137 km/h à Cazaux.

Précisément, dans la vieille forêt de La Teste, de nombreux pins vénérables décapités ou cassés à la base. Spectacle de désolation quand on sait que tout ce bois sera perdu et livré aux larves (il faut bien qu’elles mangent, les larves, oui mais, de là à leur consacrer autant de m3 de nourriture… Nous aussi les humains, il faut bien qu’on mange). Chemins encombrés, sécurité ; du travail pour les pompiers… Mais, nous nous égarons.

Pourquoi je parle de la forêt ? Et bien c’est là bas que j’ai reçu l’appel de Jean-Louis, vers 17:30 samedi, autrement dit à la pleine mer de maline, m’informant que vu de la plage, le mat de l’Iboga présentaient une forte quête avant, manifestement, le pataras cassé. De là, pas possible d’intervenir. Aller illico sur place ? 2 heures de route et arrivée prévisible à la nuit. Pas la peine. Un appel à Herber pour qu’il se déplace sur site. Même diagnostic, en pire : un fort ressac fait danser comme jamais tous les bateaux mouillés dans l’escoure du phare. Bien. Si l’Iboga doit démâter, soit c’est pour tout de suite, soit ça aurait déjà dû se faire. J’ai donc le temps de passer la soirée à Arcachon. L’idée c’est d’aller au bateau pour la basse mer, à minuit. Avant c’est pas la peine.

Minuit. Escoure du phare à marée basse. Pleine lune juste en haut. Un peu de vent nord est. Constats :

Iboga n’a pas démâté. Une bonne âme a rafistolé le pataras ; en fait; le pataras n’a pas lâché, c’est un peu plus embêtant, c’est la ferrure inox qui s’est arrachée du coin arrière babord. Indice : un pontet de l’échelle de bain a aussi été arraché. Il y a donc eu contact entre l’arrière de l’Iboga et un autre bateau. Espérons que je ne lui ai pas causé de dégâts à celui-là.

Iboga n’est pas à son corps mort ! non, il est une bonne cinquantaine de mètres plus à l’est, accroché à un corps-mort inconnu. Bizarre… Mais, OU EST MON CORPS MORT ??? Cette nuit là, impossible de remettre le pied dessus à l’endroit où je l’avais laissé. Trouble histoire… Au lit avec la question.

Dimanche. Complément d’enquête et des réponses.

Discussion avec d’autres usagers de l’escoure du phare : la tempête a été violente et le plus fort a eu lieu alors que les bateaux étaient à sec alors de très nombreux dériveurs tels 590 et même Sun 2000 se sont retrouvés sur le flanc ! Il y a eu un grand nombre de bateaux en perdition.

Je retrouve mon corps mort tout près d’un autre Jouët 680 « Ulysse III ». Il faut croire que l’Iboga s’est trainé jusque là. Inspection : aucune trace sur Ulysse III, pas d’autres dégâts sur l’Iboga. Une chance. Pourquoi le corps mort s’est-il déplacé ? parceque je ne l’avais pas (encore) enterré. C’est tout. Et, comme dit mon voisin de mouillage, un corps mort pas enterré, c’est comme une mauvaise ancre. Pas mieux. Et je le savais… Bref.

Un grand merci au papa de Pierre, du Jouët 680 « Tao », qui a pris la peine de rafistoller le pataras dès qu’il a pu accéder au bateau. Et un grand merci aussi à Jean-Louis pour m’avoir téléphoné et à Herber pour s’être rendu sur les lieux compléter le constat.

Des informations sur la tempête, très précises et qualifiées, sur le site de Jean, alias « weather.bordeaux »

Je n’ai plus qu’à faire réparrer cette ferrure et la faire tenir solidement.

Fin de l’épisode.