Pendant que la route du rhum, l’Iboga…

… l’Iboga se payait une belle tranche de voile, pour une journée de Toussaint. Je vous ai mis la trace GPS du parcours sur la Google carte satellite. La légende ci-après.

la côte du Cap-Ferret de nuit à 100 ISO 8Trop énervé par le déplorable traitement du départ de la route du rhum par France 3 (encore un dinosaure de la TV qui aurait dû rendre le micro depuis des années, t’entends, Pernoud ? heureusement qu’il y avait Samantha Davis et Pascal Bidegorry pour tenter de dire des choses intéressantes) j’avais décidé coûte que coûte — comprendre « qu’importent les conditions » — de naviguer ce lundi 1er novembre.

C’est ainsi que j’ai embarqué sur un bateau échoué, à la nuit, au Ferret dimanche soir. Qu’on s’entende bien : ça m’arrange qu’il ait été échoué, ainsi j’ai pu y aller à pied sans me baigner.

Le temps de profiter du plaisir d’être là, en plein air, sous le ciel étoilé. Faire des expériences photographiques sur la côte et le phare. Laisser chauffer ma soupe. Échanger quelques tweets. Écouter la marée clapoter autour du bateau en sirotant un ti-rhum (hommage à ceux qui sont partis pour une belle aventure transatlantique en dépit des médias)… Et la marée est assez montée pour porter le bateau.

Moteur au ralenti. Barrer jusqu’à proximité du chenal. Lâcher l’ancre. S’installer pour la nuit.

Je vais pas vous baratiner sur le paradis : j’ai eu froid. Aux pieds. Faut que j’me rencarde sur les forums de montagnards pour trouver une solution. Un peu de ressac, aussi. Les meilleures heures : quand le bateau est resté posé à marée basse entre 05:00 et 07:00.

Voilà, c’est le matin. 08:00. La marée monte depuis 2 heures. Vent du nord apparemment 15 nds. Tandis que l’eau du thé chauffe je prépare les voiles : GV entière et foc n°1. Petit déj’ copieux et départ sous voiles. Cap au nord.

Pas de projet précis. Seule contrainte : être de retour au plus tard au mouillage à 15:00, avant la basse mer. Finalement, le vent monte. Prise de ris (la biscouette sur la trace GPS). Perte d’une manivelle de winch. Et merde.

Cap vers Arcachon.

Iboga à la Toussaint 2010

Ça va très vite avec le courant porteur et le vent de travers. Arcachon est rapidement passé. Chenal de Gujan, jusqu’aux trépieds. Contournement de la Matelle, virement de bord pour partir face au courant dans le chenal du Passant. Cherche le « passage des Gujanais », pour rejoindre le Teychan. Pas passé loin, mais pas exactement non plus (voir l’autre biscouette sur la trace GPS). Tenter de remonter le chenal du Courant. Au près serré. Travers au courant. Le vent a bien faibli. Très lent : autour de 2 nds. Obligé de tirer quelques bords sur la fin. Pointe de Garèche : poteau cardinale nord à gauche, latérale rouge à droite. Trop lent : larguer le ris sur un bord. très vite. Manquer perdre la 2de manivelle ! Chaud. Tomber la veste de quart. Il est midi et demi. Le soleil brille. Réflexions : vu les prévisions de marées et mon planning de ce mois de novembre, quand vais-je faire sortir le bateau ?

Traverser Girouasse. Embouquer le chenal de l’île à contre courant. Près serré tribord amure. vent toujours faible. A ce moment, il y a moins de 10 voiliers sur l’eau — j’en compte 7, dont un joli gréement traditionnel arrivé d’Andernos qui tire des bords dans le même sens que moi.. et fort peu d’autres bateaux. J’aurai réussi à faire le chenal de l’île sur un bord. Ah, des ailes de kite au nord de l’île. Et en effet, le vent se renforce à l’arrivée dans le chenal de Piquey.

Le four, direction Claouey Traversée tribord amure jusqu’à la pointe aux chevaux. Retours des claques de vent à 20 nds. Entrée dans la conche du Grand Coin « Truquets », bâbord amure. Slalom dans la traversée des mouillages devant Petit Piquey puis le Four. Claques de vent. Anse du Sangla. Gare à la dérive. Estey de Madone, Claouey. Ma décision est prise : au lieu de rentrer au mouillage, je vais échouer le bateau à Bertic. Thierry me ramènera récupérer la voiture au Ferret d’un coup de moto. Bertic. Marée haute. C’est trop cool : je ne veux pas arrêter (comme on peut voir sur la trace GPS).

Un dernier bord, dérive haute, lame de safran libre, jusqu’à échouer devant la plage. L’ancre en bas. Pas trop de longueur : 6 m au total.

Déposer la GV, préparer le bateau pour son prochain démâtage. Débarquer les voiles. Voilà. Finie la saison #15 de l’Iboga.

A organiser : le démâtage, fabriquer de nouveaux bers en bois (les actuels ont 15 ans, je ne prendrai pas le risque d’un calage de plus avec), RV avec le chantier pour la mise au sec et l’hivernage du moteur.