Du Grand-Banc à la bouée 1

Qu'est-ce qu'elles ont ces couleurs ? De rêve. Ah, ben... c'est vrai.Je suis sur le bateau depuis minuit, après avoir croisé un sanglier et un couple de chevreuils sur la route du Truc-Vert. Marée basse, lune pleine et lumineuse, vent d’est – suet soutenu et tiède.

Au matin, un coup de moteur pour aller profiter du soleil levant pendant le petit déj’ au mouillage dans le chenal. 09:00, décrochage. Le vent est encore assez fort pour évoluer sans contrainte à contre courant. La marée baisse depuis 3 heures pourtant. Cap au nord, vent de travers, passage sur le bancot, parcours du Courbey au près sur un bord tribord amure. Descente vers le Moulleau. Regard inhabituel pour moi. Traversée des bancs de Bernet à plusieurs reprises scarifiés par la dérive de l’Iboga. L’idée, c’est d’aller passer la basse mer de midi entre les bancs du Toulinguet. Mais à l’approche, le plaisir de faire marcher le bateau l’emporte et je zappe l’escale. Direction le grand sud : les Terribles Passes du Bassin d’Arcachon. Ce dimanche, elle n’ont rien de terrible, c’est pourquoi je m’autorise à suivre le chenal balisé jusqu’à la bouée 1, la dernière avant ATTARC : la bouée d’atterrissage.

le tour du 4 octobreIl reste 1/2 h de descendant. Je n’étais pas encore allé aussi loin avec l’Iboga. Demi tour dans la passe. Encore une vue inhabituelle sur le wharf de la salie, les plages de la Lagune et du Petit-Nice, les Gaillouneys, et au nord, l’alignement du sémaphore, du phare et du château d’eau…

Je m’engage dans le lagon du Toulinguet à l’heure de la basse mer. Ancre à terre, le bateau dans une profonde bassine bleue. Casse croûte léger, baignade occasion de curer la ligne de flottaison colonisée par des herbes, puis sieste au soleil avec de la lecture : « les enfants de Dune ». Le vent est bien tombé.

16:00 et quelques, le vent est vaguement passé à l’ouest. Histoire de profiter du courant montant, départ pour une molle remontée à coup de virements lof pour lof sans vigueur. Épisode du pécheur du dimanche qui me signale que je vais couper sa ligne alors que lui vient de me couper la route ; le naïf ! Histoire sans paroles. Il vaut mieux. Et puis comme toujours, au large du Mimbeau, le vent se reconstitue et permet de clore ce parcours jusqu’à la plage, le temps d’affaler, descendre les sacs et désarmer pour la semaine. Le retour du corps mort encore à la nage, ce qui en dit long sur les conditions météo de rêve de ce mois d’octobre.