La marée de Pâques, avec Alice, de belles photos et un esclandre à l’intérieur

Ce premier jour de long WE, il faut profiter de la météo dès aujourd’hui parce qu’après, ça ne sera pas très agréable ; d’après les prévisions.

C’est pourquoi Alice est allée dès vendredi matin faire le marché pour la marée et au delà. Ainsi dès 08:00 nous prenons la route pour le Ferret. Une escale à Claouey pour compléter le stock d’eau des Abatilles et prendre du pain. Le stand de légumes de Nadine est ouvert ; ça sent la saison…

Allée des Cormorans. Le bateau flotte encore (encore heureux !) mais il ne faut pas traîner car la marée baisse. Un coup de moteur pour écarter le bateau, prendre un corps mort à l’entrée de l’escoure, le temps de gréer.

Dans un échange e-mail avec Paulin, de À Tout Vent, avec l’idée de nous retrouver sur l’eau, j’avais esquissé le programme :

Vu le coef de marée, je pense ne pas avoir trop de choix : Sud !
Il y a pire :)
Donc sans doutes à Arguin à basse mer.
Retour avec le montant.
Nuit au Mimbeau.

En effet, avec ce coef de 108, c’est un tapis roulant à peut être 6-7 nœuds nord-sud…
Ce qui est bien pour une fois, c’est qu’il y a assez de vent – rare le matin comme ça – avec un bon 10-12 nds N-NE, de quoi évoluer. Pas assez cependant pour traverser sans risque d’être poussé sur les bancs. Regardez la trajectoire sur la trace ci-dessous, en imaginant que j’ai l’étrave pointée vers le Moulleau ! En attendant, un petit coup de moteur aide à rallier le chenal du Pyla.

Ensuite entre la dune et le banc. C’est juste superbe. Alice qui a quitté le pays depuis quelques années maintenant est encore étonnée de cette végétation au pied de la dune. Il y a déjà des clients en haut de la dune. À peine 11:00. Plus d’1,5 millions de « visiteurs » par an pour piétiner la dune. Encore « merci » Camping, la TV, les bavards… :/

Alice montre la Voie entre les caouènes
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Voici déjà les derniers parcs. Il faut arrondir en anticipant pour échapper au courant du chenal et pénétrer dans l’étroite passe de la conche sud. Le niveau d’eau est très faible. Il n’y a plus vraiment d’estey pour rejoindre le fond de la conche. Le bateau vent arrière voiles en ciseaux, dérive haute et safran libéré, fait face au jus qui s’échappe de la conche. Alice à l’avant me signale le « passage ». Une erreur d’appréciation et le bateau sera échoué. Mais nous traversons ces haut-fonds sableux et accédons au fond de la conche, tapissée d’algues. Une dernière boucle pour arriver face au vent et jeter l’ancre à quelques mètres d’une plage accore. Affalage, ferlage, repos !

À ce moment là nous sommes les seuls visiteurs et il est désormais impossible de nous rejoindre puisque la marée continue à baisser pendant 1h30 à 2h… D’ailleurs l’ami Paulin a déjà renoncé même à arriver à Arguin, faute de vent au large d’Arcachon.

Repas.
Lecture.
Bricolage : la mise au point, en faisant un peu le singe, d’une drisse de pavillons entre la cadène tribord et la barre de flèche. Je peux enfin arborer mes pavillons de Clubs : « Mettez les voiles », un peu revendicatif certes, et « Jouët 680 » le pavillon au design soigné avec ses couleurs choisies, sa typographie unique avec hippocampes et coccinelle… Il ne me manque plus qu’une hampe de poupe pour cesser de gréer mon pavillon national au pataras, le dimanche (lire pour les règles concernant les pavillons).
L’eau remonte et avec elle, les premières entrées dans la conche. Le 3x300CV. Un autre 680 : Évasion, à Valérie.
Changement de mouillage pour rester face au vent. Enfin, pas longtemps.

Il doit être 17:00. Départ.

Grands bords face au vent assez rafaleux, avec des écarts de 30°, le bateau encore assez ardent sous 1 ris dans la GV. Alice à la barre, fx aux réglages.

De grands bords dans le chenal entre Arguin et le Pilat
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La traversée vers le Ferret en essayant d’anticiper le courant. Pas trop mal : on arrive à 50m trop haut après la traversée des mouillages, mais le vent soutenu permet de bien remonter contre le courant et entrer dans l’abri de la conche.

Pause au corps mort pour récupérer l’annexe.
Route vent arrière sous GV seule jusqu’au fond de la Lugue, jusqu’à manquer d’eau. Vison de ce catamaran à une voile sans bôme ni sans gouvernail, dont les espagnols font des régates : on le fait virer en marchant vers l’avant et en bloquant la voile à contre. Belle démo du « barreur ». Remontée de la lugue face au vent en quelques bords et choix d’un mouillage pour la nuit près de l’entrée. Il est encore tôt et c’est encore un bon moment pour la lecture et la contemplation.

Mais c’est quoi ce bruit de moteur ? Un groupe électrogène ? Comme dans les pires mouillages des Antilles ou des Cyclades ? Au Ferret !? Mais NON !!! Et oui : le navire mouillé au vent fait tourner son générateur à essence. Allez, zen, fx. On va tâcher de faire abstraction. Et si ça se trouve il a bientôt rechargé ses batteries et il va le couper son moteur… Vrrrrrrrrrr… Je n’y arrive pas. Je suis obligé de héler le bateau. À contre vent. Je n’ai pas une très forte voix, alors je siffle. Quelqu’un dans le bateau m’entend et sort de sa tente de pont. Je lui explique à haute voix et quelques gestes vers mes oreilles que j’apprécierais qu’il éteigne son groupe. Ça va rentrer dans l’ordre, on est dans le Mimbeau, entre amoureux du plein air et du bivouac nautique. Ou pas. En fait, pas : le gars, il se met à m’agonir d’injures, de raisonnements moisis et me hurler des menaces. Ah, ben merde. Autant pour l’étiquette. J’ai dû me tromper de méthode de communication. Je suis désolé. Mais ça ne le calme pas. Pire, il est en train de monter sur son annexe… Alors j’envoie Alice à l’ancre, je démarre le moteur et on dégage à 300m plus loin. Je surveille un peu le gars, de loin, mais il ne se passe plus rien. Fin de l’esclandre apparemment. Je crois que le gars a éteint son groupe. Je pense que vu sa rapidité à monter dans les tours, il ne devait pas se sentir tranquille avec sa pollution sonore. En tout cas j’ai envie d’espérer.

Maintenant, apéro à bord et délibération : il nous faut un programme pour la soirée.

S’il y a un endroit sympa au Ferret, c’est bien le 44. Allons-y. À pieds, par le banc du Mimbeau : c’est au bout ! À peine 1/2h de marche par le côté bassin (sable mou), parce que c’est la pleine mer. Bonne soirée là bas comme prévu. Puis retour, côté lagune, c’est plus facile sur le sable dur. À la lumière des lampes torche ou de la lune un peu voilée mais lumineuse. L’annexe est toujours accrochée à son Yucca. Nous la trainons jusqu’au bateau qui est maintenant à sec. La super nuit tranquille…

Au matin de Pâques (fête religieuse chrétienne), le temps a bien tourné, exactement comme prévu : bouché, pas de vent et pluviotte… Petit déj à bord, puis rejoindre le corps mort au moteur. Au mouillage, laisser s’étirer la matinée jusqu’à ce que le bateau se pose sur le sable. Rassembler le matériel, fermer le bateau et débarquer. Après ces 12 heures de bateau, la suite du WE se passera à terre.

Voici la carte. Zoomez sur le Mimbeau pour voir la trace à l’intérieur de la conche.