Un tour de l’île, et plus, à contre courant

Robin est passé me prendre à Claouey à 08:15, comme ça on était sûr d’arriver au corps mort avant que le bateau ne pose avec le descendant. En fait on est arrivé un peu trop tôt même et j’ai dû marcher vers le bateau avec de l’eau jusqu’à la taille. Alors Robin a embarqué et nous sommes allés au moteur jusqu’à un mouillage proche du chenal le temps de prendre un petit déj à l’abris. Le vent est déjà soutenu. Secteur ouest peut être un bon 4 établi. En tout cas cette qualité de vent qui permet de choisir sa destination indépendamment du courant. Alors aujourd’hui, comme ce courant n’est pas trop fort — coef 77 — nous allons faire presque tout le chemin à contre. Comme ça le bassin paraîtra plus grand. Une longue journée sur l’eau s’annonce. À la fin nous aurons gagné un coup de soleil chacun mais que sur le visage, parce que la vigueur du vent sous ce couvert nuageux incitera plutôt à nous couvrir. Mais avant cet épilogue, quelques waypoints de cette marée… Chenal de Piquey vers le nord, avec écart entre Bancot et la Vigne pour trouver de l’eau sous la dérive ; toute la remonté au milieu des mouillages, pour corser la nave ; un trou d’air juste après la Vigne nous motive à nous écarter de la dune puis comme tout ça est allé assez vite, on pousse jusqu’à Claouey, mais là le manque d’eau dans l’estey nous fait faire volte face. La BM est prévue vers midi. Nous n’en sommes pas loin.

Expérience : voici la trace de la nave sur Open Street Map, fond par IGN :
Voir en plein écran

Deux bords dans le chenal d’Arès, dont le second un peu perturbé par un incident de dérive et de safran heureusement sans gravité, nous amènent à Graouère. Chenal de l’île au débridé, souvenir de cette sortie en… 2002 ? où j’étais parti avec 4 équipières novices et beaucoup trop de toile sur le bateau, et après lofs sur lofs, la perte de contrôle et la bateau échoué au descendant sur un parc à huîtres abandonné… Mais aujourd’hui rien de tel parce que l’expérience aidant, au fait, la GV de l’Iboga est ferlée à 1 ris, prévenant les embardées au portant, et le vent n’est pas si fort, même dans les rafales.

Mapoutchet. Décision de relâcher aux cabanes tchanquées. Tentative d’entrer à la voile, mais l’estey de Gahignon est presque à sec, alors entrer au près sans dérive… J’ai perdu le goût de galérer :) Donc affaler le génois et entrée au moteur. Derrière nous la belle pinasse Vamp, de Michel, qui joue le rôle de tender pour la pinasse à voile Bleu de Mer les jours de régate cette saison. Une retrouvaille donc depuis la régate de la veille (régate de Larrostréa courue dans un temps orageux et rafaleux mais allant se calmant, Bleu de Mer 2e, derrière la très méritante Boïenne, après une régate très disputée en tête ; fin de l’incidente Pinasse).

C’est d’ailleurs auprès de Michel que je vais piteusement demander le concours e son tire-bouchon car, honte, il n’y a pas de tire bouchon à bord de l’Iboga. Ça ne se reproduira plus.

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Très agréable discussions avec Robin (je crois que je parle beaucoup et que j’assène mes conclusions…) Robin est un vétéran du 470 à haut niveau, a couru avec mains champions olympiques. Je suis impressionné. Sur des lacs en plus, ce qu’il y a de plus capricieux comme plan d’eau. Le bassin c’est finalement plus simple. Sauf : les courants (qui changent tout le temps), les hauts fonds et autres caouènes à géométrie variable, les parcs à huitres sournois… Plus simple, ou pas.

Après cette escale, le bouclage du tour de l’île est loin d’être facile car nous sommes donc encore à contre courant et contre vent. Lequel a forci durant notre repas. D’ailleurs nous avons réduit à l’avant aussi. Il fait de larges bords de part et d’autre du chenal pour progresser, et la traversée vers le Ferret nous oblige à tirer très au sud, en crabe, heureusement bénéficiant d’une adonnante.

L’entrée dans l’escoure du phare à marée haute — il est 18:00 — est facile, de même que la prise de corps mort sans coup férir. Ferlage et rangement. Coup de moteur aller-retour plage-corps mort et fin à la nage.