Le parking, à Arguin, mais la belle vie quand même

L’Iboga n’a pas navigué samedi, son patron ayant été retenu à terre par d’autres activités relatives à la défense du patrimoine ancestral du pays de Buch. Et accessoirement au redémarrage de la Méhari (vous vous souvenez ? la suite de ça) et à des compléments d’accastillage à la coopé. Ouf. Ah, si, un aller-retour du corps-mort au CNF, pour ceux qui connaissent, quoi ? 200m linéaires ? C’est que le CNF était le siège d’une belle rencontre des amis de Michel Lescaret disparu cet hiver. Michel avait été l’initiateur du renouveau des canots mixtes ou côtres maquereautiers qui se multiplient sur le bassin pour le bonheur de notre goût de l’esthétique. Et c’est pas dommage.

Je vous mets une photo « aérienne » (prise d’un cerf volant par Simon et Marion) de la concentration du Mimbeau de samedi.

Concentration de gréements traditionnels en hommage à Michel Lescaret au Mimbeau - cap Ferret

Concentration de gréements traditionnels en hommage à Michel Lescaret au Mimbeau – Cap Ferret — Photo http://www.enhaut.org/

Dimanche, par contre cette PM du matin et du soir qui nous tendait les bras ; conditions idéales pour un bateau sur mouillage échouant (assez haut en ce qui concerne l’Iboga) : pas de speed pour partir, de l’eau à coup sûr pour rentrer… Ce petit vent de sud qui permet de faire un près appuyé. Ce courant de jusant assez fort. C’est direct à Arguin.

Passe sur la section juste entre les parcs et la plage du Mimbeau, tandis que l’équipage grée la GV et le génois, la chevauchée des caouènes, la main sur la câble de dérive, et la descente en large bords en travers du chenal (la carte GPS)…

Arrivée sur notre mouillage préféré, après avoir embouqué ce pseudo estey entre les parcs, sous voiles SVP ! Garez-vous les bateaux à propulsion mécanique… Ainsi sans moteur jusqu’à beacher au plus profond de la grande conche du sud. Bon, force est d’admettre que nous ne sommes pas seuls. Au comptage : une soixantaine de bateaux dont 9 seulement équipés d’un mât. Il ne faut pas chercher plus loin les causes profondes des problèmes d’usages sur le banc, qui conduisent les « autorités environnementales » à imposer des prohibitions et conditions d’accès de plus en plus restrictives…

L’équipage du jour : Emmanuelle, Anabelle, Hubert, Henri. À peine le bateau mouillé, tout le monde parti côté passes. L’eau un peu froide pour une vraie baignade. Pendant ce temps, la mer finit de se retirer et le bateau se pose. Nous sommes échoués pour 3 ou 4 heures.
La faim tenaille. Le taud est déployé sur la bôme. Repas dans le cockpit, un luxe, par rapport à tous ces gens obligés de pique-niquer dans le sable aux alentours. Et puis c’est l’heure du quartier libre : rejoindre des amis de l’autre côté du banc pour certains, investir une banquette pour bouquiner et/ou la sieste, pour d’autres. Mais le froid de ce vent décidément humide et, il faut bien le dire, le boucan des autres échoués, abrègent un peu cette pause.

Mon bricolage du dimanche en attendant que la marée remonte. #voile #accastillage #spi #iboga #18ha #wichardEn attendant que l’eau revienne, il y a quelques menus travaux à finir : poser la boîte à réas tribord, celle qui guide le gréement courant de tangon : passer la nouvelle balancine de tangon, positionnement du réa (à billes, SVP), trous, vis et voilà ! Le bateau n’a jamais été si bien accastillé.

Le bateau flotte depuis une heure. De nombreux bateaux sont déjà parti. Anabelle et ses frères reviennent de leurs activités outre banc. Ils ont capturé (sauvé ?) un Paul. La solidarité nous oblige à le ramener à terre pour le livrer aux autorités (:-) Comme à l’aller : pas de moteur. Une très belle manœuvre sous génois seul, départ face au vent et à la plage avec Anabelle à l’ancre et (qui ?) aux écoutes de génois ; remonter sans donner d’erre, laisser déraper, infléchir le cap d’un coup de barre, border doucement en abattant et dégager. Nickel. Remonter un peu au vent le temps de hisser la GV (cf la trace verte dans la conche, sur carte GPS), croiser Manu et Marie sur leur Makila (706 miles nautiques sur leur Sun Fast 20 en 2011 !) arborant le pavillon « Mettez les voiles ! » ; ils sont là pour la nuit ; puis s’extraire à travers parcs vers la sortie. Abattre en grand et passer la barre à Emmanuelle pour remonter le chenal.

Le retour, facile, avec encore du vent d’ouest 3 bft, le courant. Seulement une fois arrivés sur l’encoure du phare, cette envie de profiter de la marée pour une incursion dans la Lugue. Saluer les amis mauritaniens qui se partagent un optimist vintage, laisser plonger Anabelle qui a RV avec un vélo semble-t-il, atterrir à la plage pour ranger, ferler, débarquer, ramener le bateau au mouillage et enfin la baignade. Ah, cette année, nous aurons une annexe, orange. Pas belle la vie ? Qui a parlé de crise ?

Pour une vue plein écran de la trace GPS