Le chantier dérive de Gwenn ha Glaz

Entre septembre 2006 et juin 2007, j’ai été sollicité plusieurs fois par Michel, propriétaire du Jouët 680 Gwenn ha Glaz, basé à Kérity-Penmarc’h (Finistère sud), ce qui a donné lieu à d’intéressants échanges.

Rongée par la rouilleLe début :

1 – les faits : le bateau étant au corps mort l’attache de la dérive a du céder et comme le port assèche à chaque marée, j’ai retrouvé Gwenn ha Glaz le lendemain un tantinet penché ! La dérive avait été basculé vers l’avant puis « légèrement » tordu quand il s’est tranquillement couché dessus

2 – l’action entreprise le jour même : Attente de la marée haute, amené au quai, grutage et stockage en chantier navale d’hivernage (une chance tout le monde était disponible ! ). Nous avons réussi avec le grutier à faire reposer légèrement la dérive sur le quai afin de la redresser et de la ramener en arrière pour la refaire rerentrer partiellement dans le puis de dérive

3 – l’état du bateau : pas de déformation du puis ni d’entrée d’eau apparentes. Une dérive sans point de relevage et très rouillée et amincie, des plaques de rouille se détachent (Gwenn ha Glaz est le N° 3 – 1978)

S’en suivent plein de questions que tout 680tiste qui a déjà changé sa dérive s’est posé : dimensions, échantillonnage, qui peut faire ça, matériau, comment procéder pour déposer la dérive, le prix… ??? Sans parler des on dit, les idées bizarres véhiculées par la presse et autres blogs et sites web…

Et le début du chantier :

Opération en cours : sortie de la dérive

– élévation du bateau au maximum avec chariot élévateur

– re-descente de la dérive coincée dans le puits (utilisation d’une masse)

Vu l’état de la dérive :

– amincie par endroit jusqu’à 5-6 mm

– tordue au-dessous de l’axe et vers le bas (photo 2 vue du haut du puits au niveau des triangles)

– point d’ancrage non ré-utilisable

…nous nous orientons, le chantier et moi-même vers une nouvelle dérive

Lèvres de dériveEnfin, j’en suis à expliquer par le menu commet j’ai découpé les lèvres de dérive de l’Iboga : c’est que le chantier de Gwenn ha Glaz est bien avancé ! Ses lèvres sont finalement en place1. Mais la fabrication aura pris un peu de temps :

Dérive bruteDérive + anti-corrosion

Dérive + antifouling


J’avais demandé des devis à mon chantier naval en janvier 2007. Je croyais donc naïvement avoir pris assez de sécurité afin d’en disposer, décision prise, pour une mise à l’eau début mai, toujours 2007.

Que nenni, puisque ce n’est que semaine dernière que j’ai pu la découvrir. Je vous passe le nombre de coups de fils, courriers et visites que j’ai du effectuer en 5 mois pour en arriver enfin à la voir comme une dérive et non comme l’arlésienne.

Quant au coût…

Il fallait encore attendre les factures finales :

Voici donc le résultat de l’opération pour la dérive et ces 2 supports : 950 €

Décomposé ainsi :

  1. Fourniture de la tôle acier de 12 mm et découpage : 150 €
  2. Usinage (percements – chamfrains etc ….) : 660 €
  3. Galvanisation : 140 €

Mais ce n’était pas fini puisque Michel se lance dans une réfection de la coque ! Et, enfin :

Puis on souffle, on remonte la dérive suivant la doc FXB et on pousse le tout à l’eau

Et voilà, le n° 3 reparti pour 30 ans !

Merci à Michel pour ce témoignage.

Quelques anciennes photos de Gwenn ha Glaz en navigation


  1. caoutchouc trouvé à côté de Quimper, BMCI Zi Troyalac’h 6 r Nicolas Appert 29170 Saint Evarzec .02 98 52 84 84, si cela peut servir à un jouëtiste breton