Toulinguet et les enfants pour Géraldine

Géraldine est en séjour à Bordeaux depuis 1 semaine et elle ne peut pas retourner en sa montagne bretonne sans avoir visité le bassin de l’intérieur : à bord de l’Iboga !

Pour profiter de la marée, il faut quitter Bordeaux assez tôt. Route. Pas mal de brouillard comme la veille (Au fait ! Je ne vous ai pas fait le rapport sur cette régate qui a confirmé Bleu de mer à la tête du championnat du monde de pinasses à voile du bassin d’Arcachon 2016 !1) un brouillard qui se cherchera toute la journée, entre nuages d’altitude et brumes de chaleur. Depuis le Toulinguet, on ne voit pas le wharf au sud et au nord, la pointe est un spectacle intermittent. Ce qui peut parler à Géraldine. Mais j’anticipe.

Voilà toujours la trace. N’hésitez pas à zoomer.

En zoomant, on voit bien que la sortie de l’escoure du phare fut laborieuse : face au vent, très faible, dans un courant déjà lancé qui veut nous propulser dans les pignots… Après, on ne voit pas très bien mais je vous raconte, c’est le bateau fait cap à l’est et route au sud. Je m’excuse mais pour diriger un minimum, je dois envoyer le moteur. Alors comme on n’aime pas le bruit du moteur, on ira au plus proche : le banc du Toulinguet.

Pas trop de bateaux là. Mouillage dans 2m d’eau pour garder des options quand la marée sera basse. Tour de banc à pied (inclut ramassage d’ordures ostréicoles en plastique). Déplacement du bateau en fond de conche, pour chercher une situation moins remuante pour le déjeuner. Ancre avant et culage à la plage, façon méditerranéenne. Presque. En fait on a l’horizon bouché par la coque d’une vedette échouée… Mais l’étrave de l’Iboga fait face au ressac, ce qui est le but recherché. Super pique-nique bio quasiment. Là, c’est les enfants : ceux qui nettoient la coque du bateau de papa, ceux qui jouent avec le semi-mou géant de papa à côté, la radio, les cris… heureusement ils n’arrivent pas à le démarrer. Mais ils sont nombreux les bambins. Et ils s’échauffent entre eux… et celui qui tire la tronche parce qu’un clébard a pissé sur son chateau de sable ! Bref, les enfants, quoi. Mon mouillage secret au Toulinguet, il faudra que j’y retourne en semaine en octobre pour me refaire une bonne impression :)

Sieste.

Et retour. Enfin, avec la renverse, le vent est arrivé, peut être 10-12 nds. La marée monte depuis 2h et comme d’habitude la houle rentre entre les bancs et la pointe. Chouettes bords de près dans les vagues agitées. Et puis le calme à partir de Bartherotte. Voilà : encore quelques bords, bien aidés par le courant montant, et c’est le retour à notre point de départ.

Non, trop tôt. Allons pousser dans la Lugue, vent arrière, dans à peine 30 cm d’eau. Bien sûr on finit par caler devant le quartier des pécheurs. Une bonne occasion pour ferler les voiles et préparer le débarquement. Dernier coup de moteur jusqu’à la plage. Débarquement. Banane.

Comme il est à peine 17:30, il est bien temps d’aller profiter de l’agitation de Bélisaire en allant prendre un rafraichissement en terrasse de l’Escale. Toujours une bonne adresse quand on n’est pas pressé de partir. (Ici s’achève la Chronique, mais il y a un épilogue à base de pizzas-coucher-de-soleil-rose-je-ne-vous-raconte-pas à la plage de la Pointe, histoire de voir depuis la terre le terrain de navigation de notre super marée. Mais pas de photos.)

  1. Une régate qui a commencé déjà la veille avec une soirée chez Eric et Muriel, à préparer mentalement, puis le jour J, par le convoyage à la voile, à l’aviron puis tracté par Georges entre Claouey et Gahignon pour rejoindre la flotte des gréements traditionnels mouillés en grappes

    En attendant le vent pour le tour de l'île, dernière régate de la saison pour les gréements traditionnels

    A photo posted by François-Xavier Bodin (@fxbodin) on

    . Une longue période de tiap, libations, baignades et blagues de bords à bords, sous un gros cagnard de soleil brutal, en attendant le Comité qui lui attend le vent, puis le départ donné dans un vent encore très hésitant, avec la prise de commandes de la course entre la ligne et la bouée de dégagement — ça commence bien — puis une affreux épisode du bord de près où nous perdons 8 ou 10 positions, sur 17 concurrents, suivi des nombreux virements de bords pour remonter le chenal de l’île, qui ne nous permet pas de regagner des places — à ce moment certains équipages sont trop surpris de mener devant BdM ! Et, avec le vent qui se lève à l’arrivée dans le chenal de Piquey, le ronflement du turbo, l’accélération, le déploiement des foils, la reconquête par paquets de 4 concurrents parfois sous leurs applaudissements, ainsi, jusqu’à la ligne d’arrivée qui n’a été franchie après près de 2h de course que par Saint Ferdinand, bravo à elle et surtout à ses équipiers, et bravo aussi à la Boïenne qui jouait la 2e place du championnat et se contentera de la 3e. Et enfin, le retour jusqu’à Bordeaux en passant par Pelourdey, Canelon et la Canon sur Espilou… Merci les Reveleau.
    Tableau détaillé du palmarès 2016 (pdf) grâce à http://www.pinasseyre.com/ et article si on peut dire de David Pastouris, grandiloquent et excessif, mais il y a un fond d’information, dans Le Journal []