Claouey – Ferret dans un bon vent et l’escalumade

Ce WE « à la mer » n’a commencé que samedi vers 13:30 après 3h de route, dont 1h30 au pas entre Andernos et Claouey. C’est que je n’étais pas le seul à vouloir profiter des 30° à l’ombre annoncés. Mais voilà, je ne pouvais pas partir plus tôt… J’avais RV à 15:00 à Claouey, pour la première sortie de l’équipage de Bleu-de-Mer, la pinasse sur laquelle je partage la joie et l’énergie de naviguer en groupe avec l’idée de réitérer la conquête du championnat du monde des pinasses à voile du Bassin d’Arcachon. Après l’épreuve de la patience sur la route, et une escale alimentaire à Claouey, je descends jusqu’au Ferret embarquer sur l’Iboga qui flotte déjà. C’est parfait. GV haute, Yamaha et le courant portant me permettront de faire la route Nord bout au vent de toutes façons trop léger. À la Pointe aux Chevaux, je coupe vers les Jacquets, puis le Four et cap sur Claouey. Sauf quand ça touche une fois, 2 fois, et la 3e fois la vague du bateau ne lui permet pas de passer la cahouène. Me voilà échoué sur la Dune Perdue (cartographiée comme « Anse du Sangla »). Mais comme vous aurez suivi, la marée monte et le temps de prendre mon casse croûte, enfin ! Le bateau peut reprendre la route pour rallier les copains.

Laurent, Christophe, Eric, sur Bleu de Mer - photo : Jérôme

Laurent, Christophe, Eric, sur Bleu de Mer – photo : Jérôme

Je laisse l’Iboga à l’ancre, le temps de cette séquence de reprise en main de la pinasse. Une belle nave avec des enchainements d’empannages et de virements. Le barreur apprend à communiquer avec son nouveau régleur, on échange les rôles pour mieux apprendre à collaborer le long du bateau, et pour améliorer notre polyvalence en cas d’absence…
L’entrainement se poursuit par un bel apéro quasi dînatoire sous l’auvent du club nautique local.

Plus calme que Claouey, pas possible

Voilà le crépuscule et le moment de rejoindre mon bord pour la nuit. J’ai poussé le bateau vers le plus profond de l’estey, pour avoir toutes les options demain matin.

Nuit. La nuit à Claouey, c’est… En fait je ne peux pas vous dire : je dors !

Voilà l’aube. Fermer les yeux un peu plus fort. Voilà l’aurore, et même un peu plus. Allez, on se bouge.

Descente à terre pour recharger le bidon en eau douce, et une toilette. Lancer la bouilloire. Thé et fraises (de chez Nadine) comme petit déj.

Plus que 60cm sous le bateau. Il est temps de déguerpir. On a un vent bien installé, de S-SW. Sortir de Madone toutes voiles dehors, tirer de larges bords dans le chenal de Lège jusqu’à Hautebelle, un long bord bâbord amure nous amène dans les mouillages de Grand Piquey puis 8 virements jusqu’au Ferret. Avec la dérive qui touche sur le banc de la Vigne, oups. Et surtout ce phénomène d’escalumade, en français « entrée maritime » qui efface le beau soleil qu’on avait depuis ce matin. Au début, un nuage, on dirait une fumée d’incendie tellement il mange la lumière, qui recouvre la côte au sud. Ensuite, on est dedans.

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Contrairement à un temps brumeux, le vent de faiblit pas. Il faut être vigilant avec la visibilité réduite et le bateau qui continue a évoluer rapidement entre sa vitesse propre et celle du courant. Ce qui est bien avec ce temps, c’est qu’il n’y a pas grand monde sur l’eau : je croise seulement 2 troupeaux de jetskis. Seulement la température est sacrément tombée, dans le nuage. Je décide d’abréger la marée. Je vais échouer dans l’escoure du phare. Il est encore tôt. J’ai 4 h devant moi avant que l’eau ne remonte. Je vais en profiter pour ne rien faire : lire, dormir et manger. Un bon programme.

À 14:30, je peux accrocher le bateau à son mouillage et reprendre la route de Bordeaux (avant que tout le monde n’aie la même idée !)

Tiens, ça y est : le SIBA a enfin balisé les buses d’eaux de pluie. Je n’en reviens pas non seulement du temps que ça a pris, mais aussi de l’aspect amateur de ce balisage. On verra comment ça tient…