Premières brasses dans l’Open Data

Newspaper rockBrasses ? C’est pas que je nage, c’est juste que mes premiers pas dans l’open data se sont passés sur l’eau. Marcher sur l’eau ? No way. Nager, brasses, OK. Le contexte, c’est une table ronde sur la libération des données envisagée par la Lyonnaise des Eaux, à Bordeaux, dans le sillage de son délégataire : la communauté urbaine (CUB).

Open data, qu’es acqo ?

Je ne vous fais pas la page Wikipédia sur les données publiques, ni ce récent billet de TechCrunch ou les dossiers d’Owni ou d’Internet Actu, très complets et compétents.

J’invente un peu, parce que je n’ai pas lu l’abondante littérature sur ce sujet très à la mode dans certains « Labs » et autres e-milieux. Mon résumé :

1. les collectivités publiques, les organismes publics et leurs délégataires sont de gros producteurs de données (data, dans la langue de Mickey) et autres contenus numériques, voire digitaux.

2. exemples de données publiques : places de parking, comptages de trafic, données démographiques, arbres et espaces verts, données de gestion de la voirie, ouvrages des bibliothèques, archives, mobilier urbain, emplacement des bennes à ordures…

3. on s’intéresse plutôt aux données brutes, telles que stockées dans les systèmes d’information, et non pas aux synthèses, tableaux de bords et autres indices.

4. les détenteurs de ces données et contenus prennent l’initiative de les « libérer »

5. bien sûr ils font gaffe (et plutôt 3 fois qu’une) à ne pas libérer accidentellement des données personnelles, ni des données dont la réutilisation « pourrait poser problème » — l’un de mes sujets d’interpellation : vu qu’il doit être impossible d’anticiper toutes les conséquences indirectes possibles de l’utilisation des données ainsi libérées, le mieux, c’est de ne libérer que des données qui ne servent à rien, bref…

6. mais plus positivement, les citoyens, les entrepreneurs, les associations, les étudiants… s’emparent des données libérées pour les réutiliser d’une façon qui leur semble utile, intéressant, enrichissant, démocratique, citoyen, équitable…

Je cite TechCrunch

  • les entreprises peuvent, dans leur domaine d’activité, ajouter de la valeur aux données mises à leur disposition ;
  • les scientifiques peuvent y trouver des éléments statistiques ou techniques pour y nourrir leur recherche, élargir leurs travaux, et développer de nouveaux modèles ;
  • la communauté des développeurs peut inventer des services numériques innovants à partir de ces données ;
  • la presse peut, à partir de ces données, mener un travail de fond et développer le “data journalism”, comme l’un de ses précurseurs en France OWNI ;
  • les citoyens y trouvent plus de transparence sur la démocratie et la vie de leur collectivité et bénéficiant ainsi des services, recherches et enquêtes produits à partir de ces données.

carte opendata-franceIl commence à y avoir pas mal d’exemples d’ouverture de données publiques : à Berlin, dans la nation NavajoBarceloneen France aussi.

Longtemps, j’ai été exaspéré par la logique de commercialisation de données que j’ai toujours considérées comme publiques du fait de leur caractère soit obligatoire, soit financées sur fonds public ; je pense là à :

  • les données et cartes géographiques de l’IGN
  • les données de création d’entreprises
  • les bilans et comptes d’entreprises
  • les marques et brevets
  • la météo
  • etc.

C’est pourquoi ces initiatives de libération des données publiques m’ont tout de suite séduit.

Alors, que retenir de ce « Bacalab »1 consacré à la réutilisation des données publiques relatives à l’eau dans la ville ? Que quand la CUB le lui demandera, et après avoir épuisée l’analyse des risques juridiques, la Lyonnaise des Eaux pourra rendre disponible de (passionnantes) séries de données ou de documents sur les analyses de l’eau, les rapports des gouteurs d’eau, les emplacements des prises d’eau publiques, le plan du réseau d’assainissement, l’emplacement des bassins ouverts (très bien pour faire trempette en été, sérieux), et des données de pluviométrie, de hauteur d’eau dans la Garonne (ah, je vois les marins lever enfin l’oreille !) et les travaux de voirie. Je vous mets le compte rendu de l’atelier (.pdf 2,5 Mo).

Encore faut-il définir sous quel format et dans quelles conditions techniques ces données seront accessibles : tris, filtres, agrégations, webservices, protocoles… A la demande de l’un des participants, la Lyonnaise assure qu’elle sera en mesure de répondre à tout type de demande.

C’est un bon début.

Et vous, ça vous inspire les données sur l’eau ? Vous voyez ce que vous pourriez en faire ?

Edit du 24/03 : la gazette.fr y consacre un long article « La CU de Bordeaux pousse à l’ouverture des données publiques, Bordeaux résiste »


  1. les « Bacalab », animés par Éric Culnært, d’AEC, sont des ateliers de créativité réunissant des « experts métiers » et des « offreurs numériques » autour d’un enjeu bien identifié pour imaginer ensemble les services numériques de demain. 

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