Pas de site web pour le sauna libertin, et autres considérations sur la vox populi.

Cet été, dans la moiteur de la place du marché des Chartrons où nous testions le premier O’Spot – point d’accès WiFi gratuit – je me suis surpris à ferrailler, rhétoriquement parlant, avec un honorable commerçant du quartier faisant profession de sauna libertin.

D’une rusticité saine et à toute épreuve dans son approche de la communication, il maîtrisait parfaitement le message dont l’effet répondait à ses attentes, à savoir une certaine qualité de clientèle, un état d’esprit festif et sans prise de tête, surtout pas de promesse, surtout pas d’embrouille, ni de mauvais esprit. Pas de promesse, c’est presque le contraire de la communication, non ? Son vecteur préféré : le bouche à oreille. Son incursion dans la technologie électronique se limitait à suivre ce que ses clients disaient sur un forum spécialisé. Mais aller plus loin ? Ouvrir le site web du sauna ? Il renâclait.

Le faire , oui, mais alors le faire bien. Mieux que les autres. t’as vu, les autres, c’est « beau », mais ya que des photos de soirées. Moi je ne veux pas de photos, les photos ça fait croire que c’est toujours comme ça. Mais c’est jamais pareil. Moi je ne veux pas raconter de bobards pour qu’après, les clients râles, réclament, critiquent… Ils doivent venir avec l’espris de faire la fête, sans préjugés sur comment ça doit se passer, s’il ya aura foule ou si on sera 5 ou 6, pas plus. Alors pourquoi dire des trucs ? Dès que tu dis des trucs, tu commences à broder et ça fini par faire venir des emmerdeurs, des gens qui ont l’impression qu’on ne leur donne pas ce qu’ils pensaient trouver… Bon, il m’a presque convaincu qu’il ne lui fallait réellement pas de site, ni rien de la sorte, pas de blog, pas de forum, pas de flash, pas de réseaux sociaux et toutes ces choses 2.0, ni moins d’ailleurs.

Mais avant de partir, j’ai tenté de le faire douter, en lui donnant à comprendre que, maintenant qu’existe Internet, avant c’était pareil mais en moins dangereux, le problème n’est plus de bien ou mal « communiquer », le problème, c’est ce que l’ON peut dire de toi, ton sauna, ton accueil, ton hotesse, tes autres clients, ton lait de chèvre etc. Tant que tu n’intéresse personne ou peu de gens, le risque est faible. Mais que vienne une notoriété naissante, un buzz, un mouvement d’intérêt ou quoi, et arrivent aussi les déjantés, les impulsifs, les vindicatifs, les madonnes des forums, les roquets du commentaire, les bruyants contributeurs… sans parler des affabulateurs, des mythos et des toxiques. Qui sont de plus en plus en ligne et résonnent en rapport avec la caisse de résonnance sur laquelle ils tapent.

Le problème, c’est ce que disent les autres sur toi.

Je l’ai senti douter.

Mais pas assez pour qu’il décide de prendre sa communication électronique en charge.

Bon. C’est une chose qu’ont bien compris les attachés de Presse du bigboss de Siemens puisque, rapporte Stéphane Guerry dans son Mediapedia, ayant trouvé que la notice d’icelui publiée sur Wikipédia, ne convenait pas, ils ont usé de la faculté de modifier l’encyclopédie pour normaliser la notice en question. Pourquoi pas ? Or, le « comité de rédaction » de l’encyclopédie libre et open y ont trouvé à redire. Pris par surprise ? En tout cas, une vrai question posée au modèle.

Complément du 13/09 : il existait un autre cas différent mais illustrant le même problème, la falsification de la bio de John Seigenthaler sur wikipédia. L’histoire est rapportée par Didier Durand sur son très intéressant blog Media & Tech

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