Avant de vouloir automatiser, il faut savoir faire. Simple, non ? Pas pour tout le monde.
Quand on me parle d’un projet d’« assistant IA », l’enthousiasme l’emporte en général sur la logique. On veut automatiser, gagner du temps, industrialiser une méthode. Mais on a souvent tendance à mettre la charrue avant les bœufs : on cherche à créer l’assistant avant de savoir se servir d’un LLM dans une simple fenêtre de chat. Quand on ne confond pas assistant avec agent !
Même un simple assistant n’est pas une baguette magique pour transformer une procédure bancale en un outil fiable. C’est l’outillage d’une démarche patiemment et méthodiquement mise au point. Si vous brûlez les étapes, vous n’automatisez rien : vous créez juste de la dette technique et de la frustration.
Le syndrome de l’assistant prématuré
Le scénario est classique : on se croit pragmatique, on fonce dans la création de GPTs, de Gems ou d’agents complexes sans avoir passé ne serait-ce que quelques heures à éprouver son prompt. Le résultat l’est tout autant, classique : des instructions floues produisent des résultats décevants. L’outil semble ne rien comprendre, il faut corriger sans arrêt. Et l’on finit par décréter que « l’IA n’est pas encore au niveau ». Le problème est ailleurs.
Un assistant IA n’invente rien. Comme je le répète souvent à mes stagiaires : l’IA fait beaucoup de choses, mais elle reste nulle en… télépathie ! Elle ne peut pas deviner ce que vous avez en tête, votre contexte, vos références ni vos attentes précises.
Trois fondations (ou rien)
Avant de parler d’assistants, il faut revenir aux fondamentaux. Trois piliers qui demandent un peu de discipline.
1. Apprendre à rédiger des instructions (prompts)
Savoir dire précisément ce qu’on attend, fournir le bon contexte et structurer sa demande sans ambiguïté. On découvre vite que « poser une question » et « rédiger une instruction » sont deux exercices bien distincts. Tant que ce cap n’est pas franchi, l’assistant ne fera que reproduire vos approximations à grande vitesse.
2. L’IA comme miroir de réflexion
C’est une approche moins intuitive : ne faites pas penser l’IA à votre place, demandez-lui de mettre vos idées à l’épreuve. Elle doit vous renvoyer vos angles morts et vos formulations floues. C’est ainsi que l’on clarifie sa propre démarche. Sans cela, votre futur assistant sera un automate fragile qui s’effondrera à la moindre exception.
3. Documenter le contexte
Un document n’est pas une simple source d’information ; il doit enrichir le cadre dans lequel se situe votre prompt. Mais attention aux pièges : l’IA ne voit pas comme nous. Elle n’interprète pas une mise en page et ne devine pas l’implicite d’un tableau Excel. Balancer des PDF et des feuilles de calcul sans vérifier que l’IA est sur la même longueur d’onde que vous, c’est s’assurer des malentendus systématiques.
L’assistant est un aboutissement
Au fond, un assistant n’est qu’un jeu d’instructions et un contexte stabilisés pour une tâche récurrente. On fige une manière de travailler qui fonctionne déjà manuellement. On lui donne un cadre, des documents de référence, et on le rend réutilisable.
Si vous n’arrivez pas à obtenir un résultat propre dans un dialogue simple, l’assistant ne fera qu’amplifier le désordre. À l’inverse, quand les fondations sont là, sa création devient évidente.
Ralentir pour accélérer
Mon conseil : apprenez d’abord à travailler avec l’IA dans le flux du quotidien. Les questions de modèles ou d’optimisation ne sont que des réglages secondaires.
Vous voulez construire quelque chose de sérieux ? Commencez par mettre au point vos instructions dans le chat. Testez, itérez, comprenez. Quand vous obtiendrez des résultats fiables et répétables, alors — et seulement alors — créez votre assistant.
Pas avant.
On passe à la pratique ?
Si vous voulez arrêter de bricoler et poser ces bases sérieusement, on peut regarder ensemble comment transformer vos échanges intuitifs en processus solides.
Générique
- Problématique : source humaine réelle 100% bio
- Illustration d’entête : Nano Banana
- Rédaction initiale du billet : Gemini
- Signataire qui assume : @fxbodin