Déforestation, émotivité et développement durable

En sylviculteur Responsable ;-) Thibault, auteur de Sylvasphère, prône la réflexion sur le sujet de l’impact paysager des travaux forestiers. Il a mille fois raison.

Mais, et cela m’occasionne de fréquentes disputes, je suis un peu plus radical.

Oui. C’est mon caractère, quand j’entends ou je lis de grands élans d’émotion sur la « déforestation » des abords d’une route au Pilat, ou l’appel à la sauvegarde de l’environnement… à l’arrière d’un lotissement au Cap Ferret, ça part tout seul : ça me fait rire. Et puis je me mets en colère. Parce que ces… opinions, dont le « raisonnement » se situe au niveau des WC de M6 (oui, la télé) qui s’élèvent, telle une bouffée d’indignation vite rattrapée par l’appel de la Consommation, ces émotions, alors, que ne les ressentent-ils pas, ces gens émus, lorsqu’il a fallu abattre les arbres pour faire de la place à leurs pavillons, quand ils prennent leur 4X4 pour aller faire la queue sur la route du week-end, quand ils font le plein de leur bateau à moteur, quand ils déballent les suremballages irrécupérables du contenu de leurs Caddies, quand il se produit autour d’eux des phénomènes environnementaux autrement inquiétants ?

Alors, que ceux qui ne comprennent rien à leur environnement aient au moins la décence de laisser travailler ceux qui savent ce qu’ils ont à faire.

Ignorent-ils que dans le « bon vieux temps », les arbres qu’ils pleurent aujourd’hui n’étaient que de petites pousses ? Qu’il y a 200 ans à peine, il n’y avait là que sable et landes ? Que la présence d’arbres ici, leur essence, leur disposition, leur âge… ne sont rien d’autre que le témoignage de l’industrie des hommes ? Mais, depuis quand circule-t-elle, cette idée que la nature est un paysage ? Quelle réduction de perspective !

Ah, ça m’énerve. J’arrête ici.

Allez, j’ai une suggestion pour l’avenir : que l’on puisse proposer aux émotifs de parraîner un arbre, pour le prix de sa culture, son entretien et son produit final, versé au propriétaire comme indemnité, on pourrait ainsi « sauver » un arbre de cette odieuse industrie. On pourra ficher dans l’écorce (non, il ne souffre pas) une plaque au nom du parrain, qui sera aussi responsable de l’arbre. Restera à régler la question de l’évacuation du tronc après qu’il soit tombé de lui même…

Je voulais finir sur une note constructive. J’ai aussi d’autres raisonnements sur la prise en compte de l’impact paysager des travaux forestiers, mais pas au compte de l’émotivité consommatrice. Pour ceux que la question intéresse, je recommande la lecture du Code Forestier (c’est lisible).

En tout cas, merci à Thibault pour son blog qui fait avancer l’information des français, qui en ont besoin.

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