{"id":1540,"date":"2001-10-21T01:04:33","date_gmt":"2001-10-20T23:04:33","guid":{"rendered":"http:\/\/www.fxbodin.com\/iboga\/?p=1540"},"modified":"2001-10-21T01:04:33","modified_gmt":"2001-10-20T23:04:33","slug":"dimanche-21-octobre-2001-rater-un-train-sur-le-bassin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.fxbodin.com\/iboga\/livre-de-bord\/saison_2001\/dimanche-21-octobre-2001-rater-un-train-sur-le-bassin-1540","title":{"rendered":"Dimanche 21 octobre 2001 : Rater un train sur le Bassin ?"},"content":{"rendered":"<p>Sept semaines sans naviguer sur l&rsquo;Iboga ! Le nouveau safran jamais essay\u00e9&#8230; Frustr\u00e9 du week-end pr\u00e9c\u00e9dent, qui n&rsquo;avait jamais vu se r\u00e9aliser l&rsquo;Avis de Temp\u00eate \u00e0 cause duquel j&rsquo;avais renonc\u00e9 \u00e0 voiler. M\u00e9t\u00e9o prise de la veille : fin des pr\u00e9cipitations \u00e0 partir de 12:00, arriv\u00e9e du soleil dans le courant de l&rsquo;apr\u00e8s-midi et vents force 6 secteur sud-ouest au large, allant en faiblissant. Aujourd&rsquo;hui, le skipper prend ses responsabilit\u00e9s en d\u00e9cidant de sortir quand-m\u00eame.<\/p>\n<p>A part un vent fort (29 nds), les crit\u00e8res d&rsquo;une excellente sortie sont r\u00e9unis avec, \u00e0 bord : Alice, Julie, B\u00e9n\u00e9, Nathalie (c&rsquo;est pour elle, le train de 20:45 \u00e0 ne pas rater) et H\u00e9l\u00e8ne. La basse mer \u00e9tant \u00e0 15:13, le d\u00e9part est donn\u00e9 \u00e0 12:30 de la cale de Claouey pour une vir\u00e9e mouvement\u00e9e.<\/p>\n<h3>Rod\u00e9o Lofs<\/h3>\n<p>La comp\u00e9tence de l&rsquo;\u00e9quipage n&rsquo;ayant d&rsquo;\u00e9gale que l&rsquo;extraordinaire confiance du skipper, les voiles sont finalement en place (foc n\u00b0 1 et GV enti\u00e8re blind\u00e9e) gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;\u00e9nergie de B\u00e9n\u00e9 et de Julie. Je barre. Il faut reconna\u00eetre que c&rsquo;est pour le moins&#8230; technique. Que le bateau va vite au travers avec le courant ! Chenal d&rsquo;Ar\u00e8s : face aux 29 nds de vent, dans un flux descendant, je n&rsquo;ai jamais vu de vagues aussi grosse si haut dans le bassin ! S\u00e9rie de virements lof pour lof jusqu&rsquo;\u00e0 Graou\u00e8res. Premi\u00e8re option : faire le tour de l&rsquo;\u00eele par l&rsquo;est, de sorte de conserver du travers-portant ; nous ne sommes pas ici pour souffrir, non plus.<\/p>\n<p>Le Chenal de l&rsquo;\u00eele au grand largue, plus confortable pour l&rsquo;\u00e9quipage que la session de pr\u00e8s dont nous sortons, est un v\u00e9ritable rod\u00e9o ponctu\u00e9 de d\u00e9parts au lof sauvages ; Il faudrait r\u00e9duire la GV d&rsquo;1 voire 2 ris mais, dans cet \u00e9troit chenal, comment se mettre bout au vent pour la manoeuvre ? J&rsquo;esp\u00e8re \u00eatre plus abrit\u00e9 dans Mapoutchette, sur la descente vers Arcachon, pour r\u00e9duire. En attendant je \u00ab\u00a0g\u00e8re\u00a0\u00bb l&rsquo;exc\u00e8s de toile et ses cons\u00e9quences agit\u00e9es ainsi que le moral de l&rsquo;\u00e9quipage&#8230; enfin, je g\u00e8re plus ou moins. Car au sortir du chenal, le bateau refuse toute autre allure que le pr\u00e8s &#8211; impossible d&rsquo;abattre d&rsquo;un degr\u00e9 &#8211; et me voil\u00e0 contraint de subir plus que capable de gouverner. Ca craint. Bon, dans le Bassin, il ne peut rien nous arriver de plus grave que d&rsquo;\u00e9chouer quelque part. Justement, \u00ab\u00a0au sortir du chenal\u00a0\u00bb n&rsquo;\u00e9tait pas la sortie du chenal, mais l&rsquo;avant-derni\u00e8re balise. Il faut remonter la d\u00e9rive : le bateau navigue maintenant sur quelques centim\u00e8tres d&rsquo;eau des hauts de l&rsquo;\u00eele. Jusqu&rsquo;\u00e0 plus d&rsquo;eau. Le bateau s&rsquo;est install\u00e9 sur un parc \u00e0 hu\u00eetres d\u00e9saffect\u00e9.<\/p>\n<h3>3 heures sur un parc<\/h3>\n<p>Quelques tentatives pour d\u00e9s\u00e9chouer plus tard &#8211; moteur arri\u00e8re toute, plus perche (qui s&rsquo;enfonce in\u00e9luctablement dans la vase), le skipper annonce \u00e0 son \u00e9quipage que, finalement, \u00e0 force de \u00ab\u00a0g\u00e9rer\u00a0\u00bb, il a r\u00e9solu d&rsquo;attendre en ce lieu hospitalier la remont\u00e9e des eaux pr\u00e9vue 3 heures plus tard. Rien de grave : nous aurons de la pitance \u00e0 volont\u00e9 avec les hu\u00eetres sauvages qui prolif\u00e8rent sous le bateau, le paysage est magnifique avec les Tchanqu\u00e9es en contre jour et le port de l&rsquo;\u00eele en perspective, le soleil s&rsquo;impose, le bateau ne bouge plus et, surtout, Nathalie ne ratera pas son train, eu-\u00e9gards aux pr\u00e9visions r\u00e9alistes de retour que l&rsquo;on peut faire en ces circonstances.<\/p>\n<p>Et, de fait, ces 3 heures seront exquises, avec le pique nique autour du carr\u00e9 (beaucoup trop de vent \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur), le caf\u00e9 chaud fabriqu\u00e9 \u00e0 bord (mon luxe), le ramassage, le d\u00e9satroquage et l&rsquo;ouverture d&rsquo;hu\u00eetre aux formes improbables, les soins aux multiples coupures des doigts cons\u00e9cutives, la chasse aux crabes, les \u00e9changes de souvenirs et de pens\u00e9es et l&rsquo;attente contemplative de la mar\u00e9e montante. Bient\u00f4t, il va falloir quitter ce havre, puisque le train n&rsquo;attendra pas et que l&rsquo;eau est l\u00e0, sous le bateau. Cette fois enfin, le skipper assure en pr\u00e9parant un gr\u00e9ement minimum pour le retour, car le vent est tr\u00e8s peu tomb\u00e9, il faut le reconna\u00eetre (seule r\u00e9elle impr\u00e9cision des pr\u00e9visions m\u00e9t\u00e9o \u00e0 12 heures).<\/p>\n<h3>\u00ab\u00a0t&rsquo;inqui\u00e8te : je ma\u00eetrise :-)\u00a0\u00bb<\/h3>\n<p>Le retour est comparativement tr\u00e8s calme, au bon plein jusqu&rsquo;\u00e0 Graou\u00e8res, au grand largue jusqu&rsquo;\u00e0 Hautebelle puis au travers jusqu&rsquo;\u00e0 Madonne. Il s&rsquo;agit de montrer que le skipper ma\u00eetrise quand m\u00eame, aussi, le retour \u00e0 la plage se fera sous voile ; une tr\u00e8s belle manoeuvre en v\u00e9rit\u00e9. Normalement. Car un manque \u00e0 virer (il y a encore pas mal d&#8217;embarcations au corps-morts dans l&rsquo;estey) propulse l&rsquo;Iboga sur la mate au sud de l&rsquo;estey de Madone. Echou\u00e9 ! Pas grave, la mar\u00e9e monte. Et, comme l&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme a ses limites, Mariner, le fid\u00e8le hors-bord devra finalement nous sortir de ce dernier mauvais pas. Las ! Il n&rsquo;y a plus une goutte d&rsquo;essence dans la nourrice ! Eh non, l&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme n&rsquo;a pas de limite. Surtout quand il vient compenser une \u00e9vidente impr\u00e9paration cumulative. C&rsquo;est donc en maillot de bain, enfonc\u00e9 dans la vase jusqu&rsquo;aux cuisses que je pousse le bateau jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;eau avant que de m&rsquo;y hisser sous les yeux assez inquiets (\u00ab\u00a0t&rsquo;inqui\u00e8te : je ma\u00eetrise :-)\u00a0\u00bb) de l&rsquo;\u00e9quipi\u00e8re d&rsquo;avant. C&rsquo;est la derni\u00e8re acrobatie de la journ\u00e9e.<\/p>\n<p>L&rsquo;arriv\u00e9e \u00e0 la plage est vraiment une belle manoeuvre que je suis fier d&rsquo;avoir offerte \u00e0 mes \u00e9quipi\u00e8res du jour. Il n&rsquo;y a plus qu&rsquo;\u00e0 d\u00e9barquer \u00e9quipage et bagages avant que de ramener l&rsquo;Iboga \u00e0 son corps-mort, au vent arri\u00e8re sous voiles. Tiens ? J&rsquo;ai perdu la gaffe dans la bagarre&#8230; Elle n&rsquo;aura pas dur\u00e9 longtemps celle l\u00e0. En guise d&rsquo;\u00e9pilogue : il reste \u00e0 ce moment l\u00e0 largement assez de temps pour amener Nathalie \u00e0 son train de Bordeaux.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai appris que certaines \u00e9quipi\u00e8res souffraient de courbatures le lendemain. Moi aussi. Qui a dit que ce n&rsquo;est pas du sport de naviguer en croiseur sur le Bassin ?<\/p>\n<p>Epilogue : il para\u00eet que la train de Paris est parti \u00e0 l&rsquo;heure, ce soir-l\u00e0. Sans Nathalie, retenue par un ap\u00e9ro \u00e0 Andernos, puis par la sortie du stade de Bx&#8230; Alors \u00e7a, c&rsquo;est pas ma faute !!!<\/p>\n<p><small>Publi\u00e9 originellement sur <a href=\"https:\/\/www.fxbodin.com\/iboga\/files\/v2\/livredebord2001.html\">le site statique des Chroniques de l&rsquo;Iboga<\/a><\/small>\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sept semaines sans naviguer sur l&rsquo;Iboga ! Le nouveau safran jamais essay\u00e9&#8230; Frustr\u00e9 du week-end pr\u00e9c\u00e9dent, qui n&rsquo;avait jamais vu se r\u00e9aliser l&rsquo;Avis de Temp\u00eate \u00e0 cause duquel j&rsquo;avais renonc\u00e9 \u00e0 voiler. 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