Sous le signe d’être sur l’eau entre 2 balises de chenal

Dimanche 17 mai 2015, après 1h de navigation au largue cap au sud, face au courant, l’Iboga passe enfin la balise n° 13 du chenal d’accès au bassin d’Arcachon.

90 min auparavant, j’étais arrivé au bateau avec un peu d’avance : il était encore entouré de sable ! Mais la marée montante laissait quelque espoir de naviguer bientôt. Ça tombait bien, j’avais besoin de temps pour mon casse-croûte. À côté, le Jouët 680 Cogito, nouveau voisin de l’Iboga, démâté et son enrouleur de foc apparemment parti en maintenance…

Et puis l’eau est arrivée. Et puis les voiles hissées sur l’Iboga. Et puis sortie de l’escoure vent arrière.

Dans le chenal, pas mal de jus : on est dans la 3e heure de marée (révisez votre règle des 12e, et si ça ne vous dit rien, je vous expliquerai. Demandez-moi un cours en commentaires). Cependant, le vent d’ouest est assez fort pour me permettre de remonter au courant.
Pas vite : 2 nds max. Souvent moins et même parfois pas assez. La trace GPS en témoigne : regardez les petites sections en marche arrière !

Mais avec de la patience et de l’entêtement, on arrive à la balise 13 de la vidéo.

Et on la passe, en prenant quelques dizaines de mètres d’avance par précaution, au cas où le vent s’aviserait de tomber juste au moment où je suis dans l’axe en amont de la bouée métallique…

Nous voici de nouveau vent arrière, cap sur le Moulleau / le Pyla. On dérape bien. Jusqu’aux bancs de Bernet. Et là : grosse fatigue. Le vent, le soleil, le sommeil…

L’Iboga à la cape : génois à contre amuré à tribord, GV en drapeau sous le vent et barre tribord toute. Le bateau dérive doucement vers le nord. Je dors, une 1/2h. Et puis je bouquine… Le courant me porte comme ça jusqu’au large de Péreire. Une heure est passée. Où aller maintenant ? Dans 1h, la renverse. Je préférerai être du bon côté du courant à ce moment là. Donc direction le chenal de Piquey, dans le sens du courant encore montant (vous suivez ?)

Arrondir la balise latérale rouge, n° 14. Nord. Frôler les pignots vers Escarpe. Virer de bord et traverser jusqu’à la Vigne. C’est la renverse. Abattre en grand et descendre entre les mouillages, passer à ras de la jetée de Bélisaire, coller aux pignots jusqu’à trouver un passage au dessus des parcs (ça frotte juste une fois dessous), débouler le long de l’escoure de Boc1.

Approche de Bélisaire

Approche de Bélisaire

Comme ça jusqu’au corps mort que je croche plus ou moins sans coup férir (un peu vite, mais au portant dur de maîtriser sa vitesse ; je profite de ce que mon bateau est petit, pas refaire avec un 12m).

Tout ranger : voiles, écoutes, moteur et gouvernail dans la cabine, contrôler l’amarrage, avant de plonger pour rejoindre la plage à la nage.

Une partie de pétanque m’attend, mais ça serait abuser de ma ligne éditoriale que de me servir de ce blog nautique pour vous dire que l’équipe composée de Yasmine et moi même avons emporté cette partie.

Quoi ? Je l’ai dit ?

;-p


  1. Pour la toponymie, j’ai l’air d’en connaitre un rayon ; ne pas se laisser impressionner : quand je ne sais pas, je me réfère à ma référence, la belle carte de Jean-Marie Bouchet