Les chênes de l’allée de la Chapelle
3 January 2005, à 23:56 :
L’allée de la Chapelle, avant le don Lalesque et la vente des parcelles riveraines. A droite la cabane et le puits seront acquis par Dehilotte.
3 January 2005, à 23:56 :
L’allée de la Chapelle, avant le don Lalesque et la vente des parcelles riveraines. A droite la cabane et le puits seront acquis par Dehilotte.
January 3rd, 2005 at 23:59
en ce temps là mais on a tout ravager!
January 4th, 2005 at 0:25
En effet. Ca a fait toute une histoire quand les nouveaux propriétaires des abords de l’alée ont fait raser les chênes centenaires. Arcachon est Arcachon depuis le début d’Arcachon : on rase et on bâtit ! fx
January 4th, 2005 at 0:41
racontez SVP !!! (demain ok ?)
January 4th, 2005 at 1:38
Salut. Si l’histoire d’Arcachon t’intéresse, je n’hésite pas à te recommander les ouvrages de François et Françoise Cottin, le premier “LE BASSIN D’ARCACHON ; AU TEMPS DES PINASSES DE L’HUITRE ET DE LA RESINE” est épuisé, mais le second “BASSIN D’ARCACHON T.2 ; A L’AGE D’OR DES VILLAS ET DES VOILIERS” est sorti en 2003 ; il doit en rester à la Librairie Générale d’Arcachon, ou chez Mollat, à Bordeaux, ou, au pire, sur un site de librairie en ligne Voici l’histoire des chênes racontée par Françoise Cottin. Il existe d’autres détails, corrections et précisions apportés par Robert Aufan (auteur de “La naissance d’Arcachon”). From: françoise cottin To: Histoire-Traditions-Bassin-Arcachon@yahoogroupes.fr Sent: Thursday, December 02, 2004 6:20 PM Subject: les chênes de l’allée de la Chapelle Nous vous avions promis, il y a quelques jours, l’histoire des chênes de l’allée de la Chapelle, belle illustration des résultats générés par les conflits autour des fameux “droits d’usage”…. Une belle allée de chêne s’étendait jadis de la plage jusqu’à l’escalier de la vieille chapelle des marins. Chaque année, le 25 mars (jour de l’Annonciation), et le 26 juillet (fête de Sainte Anne) , le cortège des marins du littoral, venus en pèlerinage, se déroulait sous ses ombrages, et les marchands forains y installaient leur éventaires… Le clergé se rendait en procession vers la croix des marins, “en suivant la grande allée qui conduit au rivage, où sont dressées de chaque côté une longue rangée de tentes ornées de guirlandes d’arbousier, où se préparent de splendides festins, où se servent des milliers de verres de vin pour sustenter les pèlerins qui ont fini de prier…..La procession arrive à la croix, ornée ce jour là de feuilles de chêne entrelacées, de chèvrefeuille et d’immortelles des bois. On y voit, la tête découverte, les pilotes et les matelots humblement agenouillés dans leurs bateaux qui se balancent sur les flots, et la foule des pèlerins couvrant la plage, recevant modestement la béné diction du chapelain qui bénit les équipages les pèlerins et le rivage, les grands bateaux, les filets, et les batelets rangés en file……..En sortant de la chapelle, nous nous assîmes sous les vastes rameaux d’un chêne, qui a vu naître et disparaître des siècles, ployant sous des milliers de glands , étendant au loin son majestueux ombrage, protégeant nos têtes contre l’ardeur dévorante du soleil….” (Lettre d’une Testerine à Madame la Préfète ) Cette avenue remarquable, appartenait à la famille Lalesque, qui en fit don à la commune de La Teste le 20 juin 1846. Le conseil municipal accepta le don avec reconnaissance : “L’antiquité de ce chemin, son saint usage, ses magnifiques bordures de chênes séculaires, tout en un mot doit vous inspirer à en respecter l’existence sur la route poudreuse que nos ancêtres ont si souvent et si pieusement foulée…” En 1847, le docteur Lalesque vendit deux terains en bordure de l’allée nouvellement élargie, et l’année suivante sur chaque terrain s’élevait un chalet. Par la suite d’autres lots furent vendus, le long de ce chemin. Les acheteurs abattirent les arbres qui les gênaient, les chênes comme les pins, sans aucun scrupule, et ils cloturèrent leurs terrains, sans se soucier des droits d’usage de la “Petite Montagne d’Arcachon”. L’allée de la Chapelle , bien que devenue propriété communale restait , elle aussi, grevée des droits d’usage. Si bien qu’un jour de l’hiver 1852, des usagers de La Teste vinrent abattre les derniers chênes encore debout, pour protester contre les violations répétées du statut de la forêt usagère, par les nouveaux venus dans le pays, et surtout pour affirmer , de façon spectaculaire leur droit : celui donné à tout usager de couper sans autorisation des syndics tous les arbres qui n’étaient pas des pins (producteurs de résine).. Cet acte de vandalisme suscita l’indignation générale, particulièrement celle des “estrangeys” qui ne se souciaient guère de comprendre le statut de la forêt usagère dans lequel ils voyaient , selon le mot de Deganne, la survivance de coutumes “dignes des temps barbares” Il était déjà trop tard pour revenir en arrière, et la municipalité de La Teste se contenta de faire planter quelques marronniers chétifs, qui évidemment ne remplacèrent jamais les chênes de l’Allée de la Chapelle
January 5th, 2005 at 1:17
MERCI pour ce texte touchant, c´est vraiment trop triste !!! Chez nous tous les arbres à partir d´une certaine grandeur, même dans les jardins privés, sont protégés, c´est interdit couper un grand arbre “privé” sans permission “de haut” et si le propriétaire le coupe quand même, puis il sera puni par devoir payer pas mal des Euros. Notre voisin se plaint toujours, que le grand érable de notre jardin fait trop de l´ombre chez lui, mais rien à faire, même notre patronne ne peut pas laisser couper cet grand arbre dans sa propre jardin ! J´en suis heureuse !!! Chez nous on fait des efforts énormes et chers pour controler les grands arbres vieux, couper les fins des branches trop faibles etc etc il y a des spécialistes, des vrais “médecins des arbres”…… Concernant les pauvres chênes d´Arcachon il faut dire : si Joseph Beuys aurait connu cette histoire puis il aurait fait une grande action pareil comme à Kassel…. j´en suis sûre !!! http://www.lpi.ac-poitiers.fr/pedadisc/art_plas/pages/beuys.htm http://www.diacenter.org/ltproj/7000/index.html
January 5th, 2005 at 10:28
Je ne connaissais pas cette initiative. C’est intéressant et… malin : d’ici une centaine d’année, les racines et les branches auront fait écrouler les immeubles ! Ah Ah ! Sacré Beuys…
January 5th, 2005 at 12:18
oui Beuys était un artiste etrange il a fait des actions frappantes (par exemple ces 7000 chênes pour Kassel) et il faut rappeler surtout la nouvelle de Jean Giono aussi : “L´homme qui plantait des arbres” = “Elzéard Bouffier” !!! http://perso.wanadoo.fr/la-foret-aux-histoires/data/giono14.html et le film aussi http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Frederic_Back et une autre site plein des arbres pour vous : http://www.lerecoursauxforets.org/plan.php3 bonne lecture et à plus :-)
July 9th, 2007 at 17:55
Bien qu’objet plus tard d’une polémique féroce entre Deganne et le maire Lamarque de Plaisance, on ne trouve pas trace de cet évènement dans les registres municipaux alors que, d’après ces personnalités, l’affaire avait soulevé «l’indignation générale». En 1858, Oscar Déjean l’évoque lui aussi: «depuis le bas de cet escalier (qui conduit à Notre Dame) jusqu’au bord du Bassin, s’étendait autrefois une superbe avenue de chênes séculaires. Par un déplorable abus du droit d’usage on a abattu ces magnifiques arbres en 1852 pour les remplacer par des marronniers (22). A sa suite, en 1859, Henri Ribadieu précisa, quant à lui : «nous devons à ce terrible droit de coupe la disparition d’une magnifique allée de chênes qui il y a 10 ans tombèrent sous la hache aveugle des bougès»(23) Pourtant, en 1909, l’Abbé Petit, bien que très hostile aux usagers, minimise l’affaire, affirmant que les constructions nouvelles en avaient déjà mis à mal la plupart et réduisant le chiffre à quelques unités survivantes !(24). Son affirmation est d’ailleurs inexacte car, avant cette date, nous n’avons relevé que deux ventes de parcelles le long de l’Allée de La Chapelle. L’affaire, pourtant restée célèbre, est donc pour le moins obscure. C’est le mérite d’André Rebsomen (25) d’avoir rétabli en partie la vérité : il précise que l’abattage a été effectué par M. Moureau père et que les chênes servirent « en partie à la construction d’un bateau de plaisance ». Il constate aussi que cette « œuvre de destruction » avait commencé dès 1847 après la vente par M. Lalesque des terrains à des particuliers dont il cite les noms. mais dont les achats sont, d’après les actes notariés concernant la parcelle de Bos, postérieurs à la date du 5 Mars ! Seul le pâtissier Dehilotte Ramondin avait à cette date acheté la parcelle située à l’angle de l’actuel cours Lamarque et de l’allée de la Chapelle (Décembre 1851) Plus près de nous, Jacques Ragot, reprend la même idée mais, en ce qui concerne la coupe des derniers arbres en 1852, il affirme, de façon gratuite, que « des usagers testerins étaient venus les couper durant la nuit, seul moyen trouvé pour protester contre la violation de leurs droits par les nouveaux venus dans le pays ». En réalité, toute la partie ouest de l’allée de la Chapelle avait été vendue le 21 Août 1851 au chanoine Gustave Montariol, secrétaire général de l’archevêché dont le mandataire était Jacques Etienne Moureau, capitaine au long cours. Quant à l’allée elle-même, large de 10 mètres, elle avait été classée comme chemin rural en 1846. Il est donc très vraisemblable que les arbres coupés l’aient été, par son mandataire, chez le chanoine Montariol, propriétaire de la parcelle