[organisation] Comment la stigmergie permet d’accomplir sans forcer

Stigmer… QUOI ?

Ne raccrochez pas, lisez juste ceci et on en reparle en commentaires ou autour d’un verre (désolé pour la rime très pauvre)

Tout part de la lecture de ce billet : Principes clés pour mettre en oeuvre une coopération stigmergique.

Définition :

La stigmergie est un mécanisme de coordination indirecte entre les agents. Le principe est que la trace laissée dans l’environnement par l’action initiale stimule une action suivante, par le même agent ou un agent différent. (…) conduisant à l’émergence spontanée d’activité cohérente, apparemment systématique. (Wikipedia)

Et alors ?

La stigmergie

La stigmergie

Et bien malgré ce nom bizarre « stigmergie » (un étymologiste dans la salle ?) j’y ai retrouvé les mécanismes présents dans les plus belles réalisations d’Aquinum depuis sa fondation : Aquinum hacke la Cantine, le Node, TEDxBordeaux, Aquiversaires, Startups Launchpad, 150 événements communautaires par an (Agenda), etc.

Aquinum, association des professionnels du numérique à Bordeaux, fondée à l’été 2010 par une vingtaine de professionnels1 compte près de 300 adhérents 5 ans plus tard et est reconnue aujourd’hui comme un acteur indépendant, original et indispensable dans l’écosystème du Numérique.

Oui, et alors ?

Et bien, avec le concept de stigmergie, l’on comprend comment les « bactéries » du Numérique, chères à nos Fondateurs (clin d’œil à Philippe et Benjamin) ont pu concentrer tant d’énergie et de bonne volonté, et finalement donner tant de plaisir, en adoptant spontanément un mode de fonctionnement différent du modèles de hiérarchie institutionnel et même du modèle de consensus, pourtant habituel dans les association 1901.

La stigmergie est décrite par Grassé en 1959 dans les colonies de termites. Nous parlons donc de biomimétisme organisationnel, en quelque sorte. Attention : cela ne fait pas de nous des fourmis / termites / canards sauvages ! (lire cet intéressant extrait de thèse qui fait le lien entre le comportement animal et son extrapolation à l’organisation humaine et à l’informatique).

Les principes en question, comment sont-ils mis en œuvre à Aquinum ?

  • les actions doivent laisser des traces perceptibles : facile, des messages publics sur le Basecamp et contacts privés, conversations informelles durant les Happynum mensuels et les nombreuses occasion de nous retrouver, échanges au sein du CA, maintenant, la newsletter…
  • transparence, large ouverture a priori : pas de secret, pas de rétention…
  • des actions sous « licence libre », pas de brevet, et autres barrières au réemploi
  • autorisation a priori et contrôle a posteriori, liberté d’entreprendre, de mobiliser autour de soi par la création de valeur (et de traces visibles et intelligibles), on retrouve les valeurs du Lean business model
  • grande diversité des profils, individus, parcours, métiers, avec plus de 300 professionnels adhérents
  • auto-allocation des taches, la fameuse auto-organisation chère aux méthodes agiles
  • petits groupes de travail où tout le monde se connait et où l’interaction et la discussion sont faciles
  • assumer quand même un fonctionnement conventionnel (consensuel ou hiérarchique) pour la gestion de certaines taches critiques : recruter, engager la personne morale dans un contrat, tenir une comptabilité…
  • accepter et faciliter les branches de projets développés en parallèle, exemple récent, avec le développement de cette super initiative Connect Lab, au profit des startups émergentes, en parallèle de cette énorme opération Google Launchpad, au profit des Startups un peu plus mûres
  • des règles d’interaction simples, notamment la Règle n° 1 : « Il n’y a pas de règle tant que ce n’est pas un problème qu’il n’y ait pas de règle »
  • une vision, l’intention commune autour d’un objectif prépondérant, la raison d’être de l’association, construire avec et pour les individus du numérique un écosystème conforme à ses valeurs d’auto-organisation, de coopération, de co-working (de co-plein de choses en fait)

Vous êtes toujours là ?

Alors certes, Aquinum, c’est aussi la confiance, la bienveillance, l’attention à l’autre et à la société, le goût de la liberté… la stigmergie n’explique pas tout.

Mais, franchement, convaincus ?


  1. Lire ici mon billet de l’époque 

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