Lobbying, oligopole et Free et Sarkozy


Forbiden Operator

Dans son coup de gueule « Insupportable Lobbying » François de Rochebouët, fondateur du site communautaire-familial Hellotipi.com, s’élève contre les récentes déclarations du Président qui doute de l’intérêt d’un 4e opérateur de téléphonie mobile en France.

Selon Sarkozy, ce 4e opérateur (dont chacun s’accorde à penser que ce serait free.fr) provoquerait une guerre des prix dont pourrait résulter globalement une diminution en valeur du marché, une baisse des recettes de TVA et des destructions d’emploi chez les actuels opérateurs. Lire par exemple l’article du Monde.

Je me faisais la réflexion que, là où il est institutionnalisé, le lobbying a plutôt une vertu de transparence, par rapport à une réalité des rapports de force qui influent sur les politiques publiques. Et par conséquent, là où il n’est pas admis — en France typiquement — le lobbying n’est que la manifestation d’une démocratie manipulée par des groupes occultes, réseaux d’écoles, technocratie sournoise et arrogante.
Et ceci, en dépit de l’intérêt général et quelque soit l’éventuelle vision politique des parties prenantes, évidemment.

Ceci dit, et même si l’arrivée d’un opérateur « discount » (et encore, faut voir) faisait baisser le CA global de la téléphonie mobile (je n’y crois pas un instant : free.fr a-t-il fait baisser le CA de l’accès Internet ?) et même si… je cherche vainement quel chapitre de la théorie économique décrit les vertus du modèle d’oligopole… Selon la théorie, un oligopole (monopole d’un petit nombre d’offreurs et, sans même parler d’entente) conduit naturellement à une fixation du prix au prix moyen tandis qu’une situation concurrentielle fixe un prix toujours inférieur dit « prix marginal ». A qui profite le maintien artificiel des prix ? Aux fonctionnaires ou assimilés de ces grandes entreprises ? Aux actionnaires ? Et pourquoi ne pas évaluer l’intérêt général d’une baisse des prix sur la création de valeur par la généralisation de l’accès au numérique ?

Il est certain que les intérêts en jeu sont considérables. Jusqu’où les tenants du staus quo sont-ils capables d’aller pour défendre leur position ? Le fondateur de Free.fr (et de sa maison mère Illiad) Xavier Niel a récemment laissé entendre dans un entretien à The Economist, qu’il est l’objet de menaces d’une extrême gravité : « IF I commit suicide, or if I die in a car accident in the next three months or so, you will know the threats were serious, because I am not feeling at all suicidal and I drive very slowly. »

Alors même si les méthodes de gestion chez Illiad sont décriées (ne le sont-elles pas aujourd’hui chez… France Télécom !?), mieux vaut à mon avis un 4e opérateur que rester dans la situation actuelle.

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